Canicule : les villes dépensent plus pour les décorations de Noël que pour l'ombre
Décorations de Noël : plus coûteuses que l'ombre en ville

Alors que la France subit des épisodes de canicule de plus en plus intenses, une étude de l'ONG Climat et Territoires révèle un paradoxe saisissant : les villes consacrent davantage d'argent aux décorations de Noël qu'à la création d'espaces ombragés. Selon ce rapport publié ce 24 juin, le budget annuel moyen alloué par les communes aux illuminations et autres ornements festifs s'élève à 12 euros par habitant, contre seulement 9 euros par habitant pour les infrastructures de protection contre la chaleur, comme les pergolas, les arbres ou les stores.

Des chiffres qui interpellent

L'étude, basée sur les données de 150 villes françaises de plus de 10 000 habitants, montre que les dépenses pour les décorations de Noël ont augmenté de 15 % en cinq ans, tandis que celles pour l'ombre n'ont progressé que de 3 %. "C'est un choix budgétaire qui interroge", commente Marie Dupont, directrice de Climat et Territoires. "Les collectivités investissent dans le temporaire et le festif, mais négligent des besoins structurels liés au réchauffement climatique."

En moyenne, une ville de 50 000 habitants dépense 600 000 euros par an pour les décorations de Noël, contre 450 000 euros pour les équipements d'ombrage. L'écart se creuse dans les grandes métropoles : à Lyon, le budget Noël atteint 2,5 millions d'euros, contre seulement 1,8 million pour les projets de fraîcheur.

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Des conséquences sur la santé publique

Cette disparité a des répercussions directes sur la santé des citadins. Lors des canicules, les îlots de chaleur urbains provoquent une surmortalité estimée à 10 % chez les personnes âgées. "Chaque degré gagné à l'ombre peut sauver des vies", rappelle le Dr. Leblanc, épidémiologiste à l'Inserm. "Or, les villes manquent cruellement d'espaces végétalisés et de structures protectrices."

L'étude souligne que les quartiers les plus défavorisés sont les moins pourvus en ombre, avec une couverture arborée inférieure de 30 % par rapport aux quartiers aisés. Les décorations de Noël, elles, sont réparties de manière plus uniforme.

Des solutions existent

Certaines villes commencent à rééquilibrer leurs priorités. Montpellier a ainsi lancé un plan "Ville ombragée" doté de 5 millions d'euros sur trois ans, tout en réduisant de 20 % le budget des illuminations. "Il faut faire des choix", explique son maire, Michaël Delafosse. "La fête ne doit pas se faire au détriment de la sécurité climatique."

Parmi les mesures recommandées par Climat et Territoires : la plantation d'arbres, l'installation de pergolas végétalisées, la création de zones d'ombre dans les parcs et sur les places, et la révision des normes d'urbanisme pour imposer des protections solaires dans les nouveaux bâtiments.

Un appel à la responsabilité

L'ONG appelle les citoyens à interpeller leurs élus lors des prochains conseils municipaux. "Chaque euro dépensé pour une guirlande lumineuse pourrait être investi dans un arbre qui rafraîchit la ville pendant des décennies", conclut Marie Dupont. Alors que les températures estivales atteignent des records, le débat s'annonce brûlant dans les mairies.

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