Une efficacité inégale des répulsifs anti-moustiques
Alors que l'été approche et que les moustiques font leur retour, une question taraude les scientifiques : pourquoi certains répulsifs fonctionnent-ils mieux sur certaines personnes que sur d'autres ? Une étude récente, menée par des chercheurs de l'université de Wageningen aux Pays-Bas, met en lumière ce phénomène encore mal compris.
Des différences individuelles marquées
Les chercheurs ont testé plusieurs répulsifs courants, dont le DEET, l'icaridine et l'huile d'eucalyptus citronné, sur un panel de volontaires. Résultat : l'efficacité variait considérablement d'une personne à l'autre, même en contrôlant la quantité appliquée et les conditions environnementales. Certains participants étaient protégés pendant plusieurs heures, tandis que d'autres étaient piqués en moins d'une heure.
Cette variabilité pourrait expliquer pourquoi certaines personnes se plaignent de se faire piquer malgré l'utilisation de répulsifs. Les scientifiques pensent que des facteurs individuels, comme la composition de la microbiome cutané ou les odeurs corporelles, pourraient influencer l'attractivité des moustiques et l'efficacité des répulsifs.
Le rôle des odeurs corporelles
Les moustiques sont attirés par le dioxyde de carbone que nous expirons, mais aussi par les composés organiques volatils émis par notre peau. Chaque individu a un profil olfactif unique, qui pourrait expliquer pourquoi certains sont plus attractifs. Les répulsifs agissent en masquant ces odeurs ou en créant une barrière olfactive, mais leur efficacité pourrait dépendre de la capacité à neutraliser les signaux attractifs spécifiques de chaque personne.
Les chercheurs ont également observé que l'effet des répulsifs pouvait varier selon les espèces de moustiques. Par exemple, le moustique tigre (Aedes albopictus) semble moins sensible à certains répulsifs que le moustique commun (Culex pipiens).
Vers des répulsifs personnalisés ?
Ces découvertes ouvrent la voie à des répulsifs plus efficaces, voire personnalisés. En identifiant les composés odorants qui attirent spécifiquement les moustiques chez chaque individu, il serait possible de développer des formulations sur mesure. Cependant, les chercheurs soulignent que des études supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes sous-jacents.
En attendant, ils recommandent de combiner plusieurs méthodes de protection : vêtements longs, moustiquaires, et répulsifs à base de DEET ou d'icaridine, qui restent les plus efficaces en moyenne. Et surtout, ne pas hésiter à renouveler l'application après quelques heures, surtout en cas de transpiration ou de baignade.
Cette recherche, publiée dans la revue Journal of Insect Science, rappelle que la lutte contre les moustiques est complexe et que la science a encore beaucoup à apprendre sur les interactions entre ces insectes et les humains.



