Depuis les années 1970, le Danemark a développé une offre de tourisme à vélo qui fait aujourd'hui référence. Avec près de 45 % des habitants de Copenhague se déplaçant à vélo pour leurs trajets quotidiens, le pays nordique a su faire de la bicyclette un véritable art de vivre. Cette culture cycliste s'est étendue au tourisme, attirant chaque année de nombreux visiteurs.
Un investissement massif dans les infrastructures
Dès les années 1970, le Danemark a investi massivement dans les pistes cyclables, tant en ville que le long des routes nationales. Le réseau s'étend aujourd'hui sur près de 4 000 kilomètres, permettant de traverser le pays en toute sécurité. Selon Jesper Pørksen, directeur du Dansk Cykelturisme, chaque kilomètre parcouru à vélo permet au système de santé danois d'économiser un euro, grâce aux bienfaits de l'exercice physique.
Des retombées économiques significatives
Le cyclotourisme représente une part importante de l'économie touristique danoise. Un touriste sur cinq vient à vélo, et la pratique a augmenté de 145 % entre 2008 et 2022. Les cyclistes restent en moyenne cinq nuits et dépensent 135 euros par jour, soit davantage que les autres touristes. Ils sont également plus enclins à revenir, séduits par une expérience authentique du territoire.
Un plan ambitieux pour l'avenir
Pour maintenir cette dynamique, le Danemark a lancé en 2022 un plan vélo de 400 millions d'euros, dont 16 millions pour 450 kilomètres supplémentaires de voies dédiées à la marche et au vélo. Un investissement colossal selon Agathe Daudibon, directrice de l'EuroVelo and Cycling Tourism.
Quelles leçons pour la France ?
La France, avec ses 25 000 kilomètres d'itinéraires cyclables (hors tourisme sportif), cherche à développer son offre. Des exemples comme la Vélodyssée (1 300 km sur la côte Atlantique) montrent une volonté d'avancer. Cependant, Karine Lassus, fondatrice de SYKKLE, estime que le modèle danois est difficilement duplicable en raison de différences culturelles et de moyens. Elle suggère plutôt de s'inspirer de l'Espagne, dont le modèle est plus proche du nôtre.
Le Danemark reste une source d'inspiration majeure, mais la France doit trouver sa propre voie pour encourager le cyclotourisme, en misant sur ses atouts et en adaptant les bonnes pratiques à son contexte.



