Antibes : des places de parking laissent place à des terrasses
Le débat fait rage entre les pour et les contre : des places de parking transformées en terrasses de restaurants dans le Vieil Antibes. L’expérimentation débute mardi 12 mai. Entre essor des terrasses pour les restaurateurs et casse-tête logistique pour les livreurs, cette initiative, lancée dès mardi 12 mai au matin, dans le vieil Antibes, ne laisse personne indifférent autour du marché provençal.
Une expérimentation estivale
Dès demain, les places du haut de la rue de la Tourraque vont pratiquement toutes disparaître. C’est ainsi : depuis toujours, la piétonnisation cristallise les débats. Illustration en est faite, une nouvelle fois, à Antibes, avec les terrasses de deux établissements : Angelo’s et Tour Antique. Dès mardi 12 mai, les tables s’installent en haut de la rue de la Tourraque. Une expérimentation de quelques mois – le temps de la saison estivale – qui entre dans le cadre de la requalification du cours Massena, abritant le marché provençal.
« On autorisait déjà Angelo’s, la Tour antique et Beer Shop à avoir une terrasse l’après-midi, explique Xavier Wiik, adjoint délégué au domaine public. Là, sur les sept places et l’aire de secours, on garde deux places de livraison, deux places de click and collect et on fait deux terrasses permanentes. Comme c’est une phase d’expérimentation, nous allons installer des jardinières, pour délimiter les deux espaces pour les restaurants. Ensuite on garde, pour l’instant, les poubelles, on reste sur le fonctionnement actuel en face de Beer Shop. Ce qui fait qu’on ne bouge pas les places PMR et enfin, on va maintenir la dernière place pour du click and collect. »
Les restaurateurs ravis
« On va pouvoir bénéficier des mêmes droits qu’en bas », se réjouit Angelo Balzoni, gérant d’Angelo’s, qui voit déjà plus loin. Davide Campanale, de la Tour Antique, préfère rester discret mais sourit : « C’est une bonne nouvelle pour nous. »
Un petit changement qui, évidemment, fait beaucoup parler, aussi bien sous la halle du marché qu’autour du Cours Massena. Le débat fait rage entre les pour et les contre.
Les riverains et commerçants partagés
« Je vais devoir trouver des solutions pour décharger, mais cela peut devenir un bel endroit. Il ne faut pas oublier que c’est une entrée de vieille ville et qu’aujourd’hui, elle n’est pas belle alors qu’elle en a tout le potentiel », indique un habitant. Pour cet autre Antibois, l’avis est aussi positif : « Ce ne sont pas quelques places qui vont changer grand-chose. »
Bien plus que quelques places – qui, souvent, étaient occupées par les camions des forains –, c’est aussi et surtout des habitudes à changer. « Tous les jours, une centaine de camions déchargent ici, j’ai peur qu’aujourd’hui, plus personne ne puisse s’arrêter, souffle Laurent, du magasin ÔVintage. On avait trouvé un système où l’on s’arrangeait toujours pour trouver une solution. Je crains que cela ne soit plus possible, mais on verra bien… »
Juste à côté, Dan, qui tient l’épicerie du marché, est un peu plus en colère. L’été, il a besoin de faire plusieurs livraisons par jour pour ravitailler sa boutique et doit jongler entre le marché, les autres camions, les motos qui, à ses dires, « prennent de plus en plus de place » et la piétonnisation de la vieille ville qui gagne du terrain. « Cela devient très, très compliqué… », reconnaît-il.
Sur le marché, on a connu des colères plus importantes. Pour l’instant, on attend surtout de voir. « On va s’adapter. Il ne faut pas, par contre, que les places de livraisons soient prises par des particuliers », réagit Steve Godin derrière son étal. Même son de cloche chez Michel Cayrol : « On n’est pas en colère, car la ville n’a jamais été aussi belle. Mais nous avons besoin de places de parkings, notamment pour nos camions les plus grands. »
« La Ville a proposé des places au port Vauban, précise Xavier Wiik, et nous sommes en train de régler le problème de hauteur de certains camions au parking Saint-Roch. Nous avons essayé de trouver des solutions pour tout le monde. »
Des craintes sur la piétonnisation totale
« Il y a, justement, des réglementations différentes pour chaque personne, s’insurge une commerçante. Cela manque de clarté. Là, il y a trop de confusion, on ne peut pas ménager la chèvre et le chou. » « On va dire que c’est la cerise sur le gâteau, s’emporte une commerçante, qui préfère rester anonyme. On sait que c’est le début de la piétonnisation totale du vieil Antibes et je ne pense pas que ce soit la bonne solution dans le contexte actuel. Car, si l’été, il y a du monde, l’hiver, tout le monde rame. »
Philosophe, le galeriste Alexandre Simonin conclut : « C’est dommage que cela génère des frictions entre nous. Cela me désole. Les difficultés, il va y en avoir et il faudra y faire face et les régler. Oui, la piétonnisation, c’est compliqué, mais on a tous à y gagner. » Il n’y a qu’à regarder à quelques mètres de là : les remparts. L’annonce de la piétonnisation avait levé un vent de colère avant de convaincre tout le monde aujourd’hui. À la Ville de relever le même défi.



