Des agriculteurs se sont rassemblés lundi matin près de la raffinerie Total de Feyzin, au sud de Lyon, pour protester contre la flambée des prix des carburants et réclamer un soutien financier accru de la part du gouvernement. Malgré un arrêté préfectoral interdisant la manifestation, quelques dizaines d'entre eux, répondant à l'appel de la Coordination rurale, ont convergé en pleine nuit avec une vingtaine de tracteurs vers le site industriel. Ils se sont positionnés aux abords de la raffinerie avant le lever du jour, sans toutefois en bloquer l'accès.
Une action symbolique mais déterminée
Sur place, les manifestants ont dans un premier temps contraint une poignée de camions-citernes à faire demi-tour, avant de les laisser finalement entrer, selon un journaliste présent. Des forces de l'ordre, CRS et policiers, ont été déployées aux alentours pour sécuriser la zone. Cette action vise à attirer l'attention sur les difficultés croissantes rencontrées par le monde agricole, confronté à une hausse spectaculaire des coûts de production, notamment du gazole non routier (GNR).
Des revendications liées aux coûts de production
Mégane Grenouiller, agricultrice à Côtes-d'Arey, dans le Rhône, dénonce l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le prix du carburant, qui a « presque doublé ». Elle regrette que l'État n'ait pas apporté un soutien plus fort en période de moissons et de semis, alors que la consommation de gasoil est à son maximum. « On aurait pensé que l'État nous soutiendrait un peu plus », confie-t-elle.
Le gouvernement a annoncé le 21 avril des aides renforcées pour les agriculteurs. À partir de mai, ils bénéficieront d'une prise en charge de 15 centimes d'euro par litre de GNR, soit un triplement par rapport au mois d'avril. Cette mesure s'ajoute à d'autres dispositifs déjà mis en place, comme la prise en charge des cotisations sociales et la suppression des droits d'accise sur le GNR en avril, pour un total de près de 90 millions d'euros. Par ailleurs, la fiscalité réduite sur le GNR agricole représente un coût annuel de 1,3 milliard d'euros pour l'État.
Un cri d'alarme sur la trésorerie des exploitations
Malgré ces annonces, Cédric Archer, co-président de la Coordination rurale de Haute-Loire, estime que ces mesures sont insuffisantes. « Si l'État ne prend pas en main les choses et propose de vraiment nous aider, les trésoreries des exploitations seront à sec d'ici quelques mois », prévient-il. Il ajoute : « On ne veut pas crever la bouche ouverte », saluant la mobilisation de ses confrères et consœurs. Les agriculteurs entendent poursuivre leur action tant que leurs revendications ne seront pas entendues.



