Les livreurs en vélos-cargos veulent intégrer le plan d'électrification du gouvernement
Vélos-cargos : les livreurs veulent participer au plan électrification

Les opérateurs de vélos-cargos veulent s'inviter dans le débat sur l'électrification

Alors que le gouvernement finalise son plan stratégique pour l'électrification de l'économie française, les acteurs de la livraison par vélos-cargos exigent de participer activement aux discussions. Ces entreprises spécialisées dans la cyclologistique estiment être injustement exclues des groupes de travail constitués par le ministère de la Transition écologique, alors même qu'elles représentent une solution concrète pour la décarbonation des transports urbains.

Une absence jugée incompréhensible

Yolaine Urvoy, présidente de l'association Les Boîtes à vélo, a exprimé son mécontentement auprès de l'AFP : « Nous n'avons pas été invités aux travaux en cours au sein du ministère de la Transition écologique sur l'électrification des transports alors que nous faisons partie de la solution. » Elle insiste sur le double avantage de la cyclologistique : réduire la consommation d'énergie pour les livraisons en centre-ville tout en renforçant une filière industrielle stratégique pour la souveraineté nationale.

L'association fédère pas moins de 350 entreprises et représente plus de 10 000 emplois dans ce secteur en plein essor. Cette exclusion survient alors que Bercy a officiellement lancé, le 13 février dernier, des consultations approfondies sur le plan d'électrification de l'économie. L'objectif affiché est d'accélérer la décarbonation du pays à travers plusieurs groupes de travail thématiques.

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Un potentiel sous-estimé pour les livraisons urbaines

Yolaine Urvoy défend avec conviction le vélo-cargo comme « un morceau de la solution pour répondre aux crises de demain ». Elle déplore que ce mode de transport, qui ne consomme aucune énergie fossile et génère des emplois locaux non délocalisables, n'ait « pas du tout été pris en compte » dans les réflexions sur l'électrification de la logistique urbaine.

Le parc français de vélos-cargos est actuellement estimé à environ 12 000 unités, dont une écrasante majorité (95%) sont déjà électriques. Chaque vélo-cargo peut transporter une charge substantielle, comprise entre 80 et 350 kilogrammes de marchandises, ce qui équivaut à la moitié de la capacité d'un petit véhicule utilitaire traditionnel.

Une filière industrielle française dynamique

La France peut s'enorgueillir de compter une trentaine de constructeurs de vélos-cargos sur son territoire. Ce paysage industriel est diversifié, allant d'ateliers artisanaux à des acteurs industriels de plus grande envergure, parfois en partenariat avec des géants de l'automobile comme Renault Trucks Volvo et Michelin.

Bien que ce secteur soit encore émergent et relativement méconnu du grand public, il a récemment affirmé sa présence au salon international de la logistique (SITL) de Villepinte, au nord de Paris. Cette visibilité croissante s'appuie sur des données tangibles : une étude de l'Ademe publiée en 2021 révèle qu'à Paris, plus de 60% des livraisons de colis jusqu'à 200 kilos pourraient être effectuées par vélos-cargos, moyennant quelques ajustements opérationnels et fonciers. Un chiffre qui contraste fortement avec la réalité actuelle, où moins de 5% des livraisons utilisent ce mode de transport.

Les opérateurs de cyclologistique plaident donc pour une reconnaissance officielle de leur contribution à la transition écologique et espèrent que le gouvernement intégrera leurs propositions dans son plan d'électrification, attendu prochainement.

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