Salon des agricultures méditerranéennes : les clés d'une transmission réussie
Salon agricultures méditerranéennes : clés transmission réussie

Dans dix ans, la moitié des exploitants agricoles actuels de la région Occitanie prendront leur retraite. Un enjeu de taille et une prise de conscience pour la profession qui doit être accompagnée au plus près pour des transmissions d’exploitations réussies.

« Et après moi ? Les clés pour réussir la transmission de son exploitation »

Cette question est au cœur de la problématique agricole aujourd’hui et a été mise en exergue lors d’une conférence dédiée en ouverture du Salon des agricultures méditerranéennes. L’état des lieux n’est pas au beau fixe : « 50 % des exploitants agricoles seront à la retraite dans 10 ans », diagnostique Alexandre Antonienko, conseiller d’entreprise au Point accueil transmission de la chambre d’agriculture de l’Hérault. Invité à livrer son analyse et ses solutions lors de la conférence, il était aux côtés d’Annabelle Decoursière, présidente des Jeunes agriculteurs de l’Hérault (JA 34), et de René Moreno, conseiller régional chargé de l’agriculture, l’agroalimentaire et la viticulture.

« On remarque qu’il y a aussi plus de départs que d’installations », constate le médiateur de la chambre d’agriculture, fort lui aussi d’une expérience agricole. En Occitanie, cela représente 2000 départs annoncés. Face à ce phénomène démographique inexorable, les acteurs publics et les syndicats comme les JA 34 cherchent à apporter des solutions concrètes. « Ce qui est important, c’est la prise de conscience des enjeux que l’on traverse, pour trouver des solutions d’adaptabilité, de conseil et rendre l’agriculture résiliente et anti-fragile », assure Alexandre Antonienko.

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Les cinq clés d’une transmission réussie

Il livre les cinq clés d’une transmission réussie : l’anticipation, « sur 10 ans, cela permet de gagner en énergie », l’analyse de l’exploitation avec ses forces et ses freins, la définition de son attractivité et enfin assurer son avenir, du point de vue du cédant, en recherchant un ou deux ans avant la date, un repreneur.

La reprise par un porteur de projet implique également un changement de génération. Pour Alexandre Antonienko, « il y a une mécanique de la transmission, on va changer de rapport d’énergie comme dans une voiture. Il va y avoir une passation de savoir, de compétences, de pouvoir. Moi je l’ai connu, je n’ai pas été le clone de mon père. Une transmission, ce n’est pas une répétition du passé. On peut faire des erreurs mais il faut être accompagné ».

« Le cédant doit être rassuré »

Annabelle Decoursière, présidente des JA 34, aussi maraîchère à Avène, s’est elle-même reconvertie après des études de coiffure et une expérience en centre de loisirs, dans le maraîchage. Cela passe par la lutte contre certaines « idées reçues ». « Le cédant a parfois du mal à identifier le salarié ou même une personne hors cadre pour reprendre l’exploitation. Parfois il pense ne pas pouvoir trouver de repreneur et laisse périr l’outil de travail. Il doit être rassuré », témoigne la jeune agricultrice, qui s’est lancée au départ sur quelques mètres carrés de terre, convaincue de pouvoir améliorer l’alimentation des enfants. Et elle assure : « C’est un métier passion mais on peut avoir une vie comme tout le monde. »

De nombreux outils existent pour faire aboutir les projets, le maraîchage et l’élevage aviaire ont d’ailleurs le vent en poupe. Comme le Contrat emploi formation installation (CEFI) de la Chambre d’agriculture qui permet de s’immerger chez un agriculteur afin de tester son installation par reprise ou association avec l’exploitant. Ou encore le Contrat agriculture durable mis en place par la Région Occitanie qui permet aussi des transmissions accompagnées. Les opérations devraient être facilitées par la nouvelle organisation « France services agriculture » attendue au 1er janvier 2027, un guichet unique de l’installation et de la transmission réunies, porté par l’État.

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La Région vote 30 millions d’euros pour le foncier

La question financière est au cœur des transmissions. René Moreno, conseiller régional chargé de l’agriculture, l’agroalimentaire et la viticulture, a insisté sur le rôle actif de la Région Occitanie sur le sujet, à travers la labellisation de structures accompagnantes comme la Foncière agricole Occitanie, qui « ne se substitue pas à la banque mais permet de compléter l’emprunt pour acheter plus facilement le foncier. Nous avons déjà accompagné 600 ha au total. Nous passerons les aides de 4 M€ actuellement à 11 M€ », assure le conseiller régional. Et de rappeler qu’au sein du Pacte régional pour la souveraineté alimentaire qui vient d’être voté par la Région, « 30 M€ sont dévolus au foncier ».

L’adaptation des exploitations avec des projets innovants constitue également, selon l’élu, un levier important de la transmission-installation. « Les comportements des consommateurs ont changé. Il faut aller au-delà du vin blanc, rouge et rosé et repartir du raisin. Attirer avec des goûts nouveaux, on doit s’adapter ».