Dans certaines régions, la proportion des Français qui disent vouloir partir à la montagne en été est désormais supérieure à celle de l’hiver. Un tournant majeur dans l’histoire des vacances en France, qui s’explique par de multiples facteurs : multiplication des activités de plein air – au succès parfois fulgurant, à l’instar des courses de trail –, modernisation des hôtels, création d’infrastructures nouvelles (notamment aquatiques), séjours sur mesure et parfois très originaux. Tout est fait pour attirer une clientèle nouvelle, mais souvent sans expérience. Il faut alors aux locaux déployer des trésors d’ingéniosité et de pédagogie pour apprendre aux néophytes les codes d’une pratique respectueuse de l’environnement. Ces derniers, souvent avides de déconnexion totale, n’hésitent pas à prendre d’assaut bivouacs et refuges, ou à se lancer vers les plus hauts sommets, à condition de respecter certaines règles, en France comme ailleurs en Europe. Voici un petit guide à l’usage des estivants pour une montagne en partage.
Refuges et bivouac : les règles à connaître
À quelques exceptions près, les refuges d’altitude proposent au mieux quelques dizaines de couchages, au pire une poignée. En été, il est donc impératif de réserver. Pour contourner la surfréquentation, de nombreux randonneurs se tournent vers le bivouac, parfois accepté à proximité immédiate du refuge, à condition de lever le camp au petit matin. Mais face aux excès de l’improvisation, aux dangers et aux dégradations environnementales, une régulation s’avère indispensable.
Certains territoires ont donc préféré aménager des aires de campement strictement réglementées. Dans la Réserve de Néouvielle (Hautes-Pyrénées), où les sept refuges tolèrent le bivouac, deux sites en pleine nature ont été délimités. En Savoie, le Grand Revard – en lien avec le Parc régional des Bauges – a installé onze aires dédiées, avec toilettes sèches, barbecues, zones de feu et informations renforcées. Sur le massif du Sancy, quatre aires de bivouac ont été créées ; on peut quand même planter sa tente près des chemins balisés, du soir au petit matin, mais surtout pas dans les Réserves naturelles.
Le tour des refuges en Vallouise (Hautes-Alpes)
Cette immersion en haute montagne débute au hameau d’Ailefroide. De là, un itinéraire de cinq jours mène les bons randonneurs à travers l’ambiance impressionnante du Parc national des Écrins, sur fond de sommets frôlant les 4 000 mètres (Pelvoux, Ailefroide) ou les dépassant (Barre des Écrins). Les refuges du Sélé, du Pelvoux et du Glacier Blanc seront vos havres de récupération après des marches quotidiennes de 5,5 à 9 kilomètres et des montées entre 692 et 1 046 mètres de dénivelé. À partir de 182 euros par personne. Renseignements sur grand-tour-ecrins.fr.
Un bivouac en pleine paroi
À Vaujany (Isère), le Bureau des Guides emmène même des néophytes passer une nuit à flanc de falaise, à 70 mètres de hauteur. La tente, appelée « portaledge », ne repose pas sur le sol. Après une montée en fin d’après-midi, on s’installe au-dessus du vide pour admirer le coucher du soleil, puis vient l’heure de l’apéritif, avant la nuit étoilée… et une descente vertigineuse en rappel au petit matin. Saisissant ! Pour 2 à 4 personnes, dès 12 ans, 390 euros par personne, matériel et dîner inclus. Petit-déjeuner servi au chalet du lac Besson. Informations sur vaujany.fr et oisans.com.
Initiation au bivouac
À l’Alpe d’Huez (Isère), les accompagnateurs en montagne vous apprennent les règles du bivouac et de la montagne : limiter son empreinte au sol, gérer un feu, s’enquérir des horaires autorisés, emporter le matériel utile… Sur l’ensemble du territoire, l’institution Oisans Tourisme mène pour sa part une réflexion sur les nouveaux pratiquants, souvent séduits par les promesses très incertaines véhiculées par les réseaux sociaux. Renseignements sur guidesoisans.com et oisans.com.
Le bivouac clés en main
Avec Lionel Bonnel, figure de La Toussuire (Savoie), on part à 14 heures pour une marche de 4 kilomètres. À 2 200 mètres d’altitude, on installe le bivouac, on prépare le dîner, on observe la nuit étoilée. Le lendemain matin, petit-déjeuner roboratif et marche de 5 kilomètres pour retrouver la civilisation avec, en poche, un kit Opinel offert. 149 euros. Informations sur la-toussuire.com.



