Cet été, le festival Détours du monde promet d'offrir le meilleur de lui-même entre les Gorges du Tarn et l'Aubrac. La 23e édition essaimera ses réjouissances du 11 au 18 juillet, de Sévérac d'Aveyron jusqu'à Chanac, en Lozère. Et quelles réjouissances ! Fatoumata Diawara, un hommage à Rachid Taha, Blick Bassy, Barrut… oui, le détour s'impose !
Ce n'est pas le bout du monde, l'Aveyron et la Lozère où il faudra vous rendre cet été pour profiter de cet événement incontournable, mais c'est un bout du monde que vous y découvrirez, sous son meilleur jour : le plus festif, le plus ouvert, le plus convivial, bref celui qui vaut littéralement et franchement le détour, ou plutôt les détours !
Un festival qui connecte le rural au global
Depuis plus de vingt ans qu'il est installé sur le territoire lozérien, élargi aux environs aveyronnais depuis quelques années, le festival Détours du monde ne se contente pas d'y programmer des musiques du monde : il interconnecte le rural au global, le coin que l'on dit reculé à l'horizon que l'on croit lointain. Ses organisateurs sont convaincus que les musiques du monde « ne sont pas un ailleurs lointain, figé ou folklorique » mais, au contraire, « un espace vivant, vibrant, traversé par les circulations, les influences, les langues, les combats, les joies et les imaginaires de notre temps ».
Programmation : cinq jours en itinérance
La 23e édition, dont l'itinérance est prévue du 11 au 18 juillet, promet d'apporter la preuve éclatante de cette conviction. En ouverture magistrale le samedi 11 juillet, dans la cour du château de Sévérac d'Aveyron, le public pourra applaudir Blick Bassy : le chanteur camerounais, qui s'est imposé en moins d'une décennie comme une des voix les plus bouleversantes de la soul panafricaine, déborde le folk qui l'a fait connaître pour s'aventurer dans des territoires synthétiques et syncrétiques d'une grande modernité.
Le dimanche 12 juillet, dans la cour du château de Calmont-d'Olt à Espalion, on découvrira le trio Dekolaz qui réunit Camille Heim (harpe electro llanera), Cédric Pierini (accordéon diatonique) et Marco Lacaille (percussions) pour une musique de bal mêlant maloya réunionnais, forró brésilien, jazz et néo-trad.
Le lundi 13 juillet, direction le musée archéologique de Javols, à Peyre-en-Aubrac, pour découvrir Selim : l'artiste franco-marocain (chant, guitare, guembri) crée, avec la complicité du producteur et saxophoniste cubain M-Carlos et du guitariste et percussionniste réunionnais Julien Rivière, un folk aux reflets changeants, gnawa, maloya, electro…
On reste du côté du métissage avec Siân Pottok le mardi 14 juillet, mais on bouge jusqu'à l'église de Marchastel pour l'apprécier : la chanteuse aux origines plurielles (Inde, Congo, Slovaquie, Belgique, États-Unis) proposera une version dépouillée de son afro-pop en s'accompagnant au kamel ngoni, avec le soutien de Lucas Saint-Cricq au saxophone.
Changement complet d'ambiance le mercredi 15 juillet au Domaine de Boissets : Nuit noire est un récit concert dessiné librement inspiré du voyage devenu mythique du navigateur Bernard Moitessier qui, en août 1968, se lança dans la première course autour du globe sans escale ni assistance, et qui renonça à la victoire pour continuer à parcourir le monde. Porté par Domien Roudeau au dessin direct, Ojûn à la création sonore et Titwan pour le texte, la mise en scène et l'interprétation.
Deux jours à Chanac
Le vendredi 17 juillet, le festival rejoint son site historique de Chanac. D'abord pour un concert gratuit, place du Plô, du groupe vocal Poplitê qui puise dans les traditions du coco, musique populaire du Nordeste brésilien. Ensuite, pour la première des deux grandes soirées au pied de la tour emblématique, scène des Possibles. Elle s'ouvrira avec Tarakna, un quatuor electro-acoustique d'inspiration amazigh emmené par la chanteuse Kahina Afzim et le guitariste Nicolas Beck. Lui succédera Fatoumata Diawara : très populaire chez nous depuis la collaboration qu'elle a entamée avec Matthieu Chedid (le projet Lamomali), la chanteuse et guitariste malienne construit depuis quinze ans une œuvre personnelle afro-pop-rock puissante et inspirante, dont on a hâte de découvrir la nouvelle étape (l'album Massa à paraître le 5 juin). Enfin, la chanteuse Maya Kamaty clôturera la soirée sur des grooves créoles réunionnais.
La dernière journée du festival, le samedi 18 juillet, commencera une nouvelle fois par un concert gratuit, place du Plô, avec Carlos Valverde qui déploiera tout l'éventail des rythmes traditionnels brésiliens. Côté scène des Possibles, on s'étourdira avec Barrut : sept chanteuses et chanteurs, ainsi qu'un percussionniste, des vallées de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, qui envisagent les polyphonies occitanes sous un jour contemporain et engagé. Une fois galvanisé, le public sera enflammé par et pour le formidable hommage à Rachid Taha fomenté par son ami, le guitariste et chanteur Rodolphe Burger avec la complicité du Couscous Clan, groupe historique du défunt crooner raï-rock, ainsi que quelques invités prestigieux (le guitariste et producteur anglais Justin Adams, Yousra Mansour du groupe Bab'L'Bluz et le prince du raï 2.0 Sofiane Saïdi). Enfin, le duo féminin cubain Las Panteras clôturera la soirée par un déluge de rythmes afro-cubains métissés de funk, reggae, rap, electro… À ce moment-là, si tout se passe bien (et tout se passera bien), il ne sera plus question de bout du monde mais du monde à bout, de force mais de joie !
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