L'IA redéfinit les métiers support : le travailleur augmenté en question
L'IA redéfinit les métiers support : le travailleur augmenté

À l'heure où l’intelligence artificielle s’impose dans toutes les sphères de l’entreprise, elle ne transforme pas seulement les métiers techniques : elle redéfinit en profondeur les fonctions dites « support » et les compétences attendues. Entre promesses de productivité, craintes de remplacement et nécessité de formation, une nouvelle figure émerge : celle du « travailleur augmenté ».

Axel Mamou-Mani, entrepreneur engagé et fondateur de la Rainer School, la première école en France dédiée à l’intelligence artificielle générative pour les métiers non-techniques et ouverte à tous, détaille les enjeux autour de cette notion et nous donne un aperçu de l’avenir des métiers non techniques.

Qu'est-ce que le travailleur augmenté ?

Pour Axel Mamou-Mani, le travailleur augmenté est celui qui renforce ses compétences humaines pour les valoriser, passant moins de temps sur les tâches répétitives que l'IA peut effectuer. L'IA ne va pas « prendre » leur travail, mais plutôt transférer des compétences. Par exemple, organiser des rendez-vous, faire des comptes rendus de réunion ou s'occuper des déplacements sont des tâches que l'IA peut réaliser rapidement et efficacement.

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Que faire du temps gagné ?

Interrogé sur l'inquiétude des salariés face à une productivité accrue, Mamou-Mani préfère parler de « transfert de tâches » plutôt que de gain de temps. Cela permet de se libérer de la charge mentale liée à l'organisation et de se concentrer sur le relationnel, la communication, la gestion de projet : des compétences que l'IA ne remplace pas. Les entreprises qui investissent dans la montée en compétences de leurs collaborateurs sur l'IA ont une vision à long terme et réussissent mieux.

Le risque d'un système à deux vitesses

Mamou-Mani alerte sur le danger d'une intégration de l'IA « juste pour faire comme tout le monde ». Il cite l'exemple de Klarna, une fintech qui a dû réembaucher massivement après avoir remplacé ses équipes SAV par l'IA, constatant une chute brutale de la qualité de service. Les entreprises qui prennent le temps de former leurs salariés et de se focaliser sur les compétences humaines réussissent mieux.

Le token : nouvel enjeu budgétaire

Le token, unité de mesure de la réflexion de l'IA, devient un critère d'évaluation dans la Silicon Valley. Mamou-Mani considère comme un non-sens de classer les collaborateurs en fonction du nombre de tokens utilisés. Une personne qui maîtrise l'IA utilise le bon modèle pour minimiser la consommation de tokens. Cela devient un critère de recrutement et un enjeu environnemental, vu l'énergie consommée par les serveurs.

L'IA comme tremplin pour les peu diplômés

La Rainer School accueille des jeunes de 18 à 25 ans non diplômés, parfois décrocheurs. En apprenant les bons outils et une utilisation responsable de l'IA, ils trouvent un emploi plus rapidement et deviennent des formateurs en interne. Les seniors, grâce à leur expérience et leur capacité à itérer, sont également des bénéficiaires de l'IA. Ils savent guider l'outil jusqu'à obtenir un rendu de qualité, ce qui peut être une solution face au chômage des seniors.

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