À Saint-Fons, près de Lyon, les salariés de l'entreprise Symbio, spécialisée dans les piles à combustible, expriment leur sentiment de trahison face aux discours politiques vantant une filière hydrogène prometteuse. Alors que le gouvernement multiplie les annonces sur le développement de cette technologie verte, la réalité sur le terrain est tout autre : l'usine connaît des difficultés économiques, avec des menaces sur l'emploi et des conditions de travail dégradées.
Un décalage flagrant entre promesses et réalité
Les employés de Symbio, qui fabriquent des piles à combustible pour véhicules, estiment que les politiques utilisent l'hydrogène comme un argument électoral sans se soucier des conséquences sociales. « On nous parle d'une filière d'avenir, mais nous, on voit les effectifs fondre et les investissements se faire attendre », témoigne un représentant syndical. L'entreprise, pourtant soutenue par des fonds publics, peine à décrocher des contrats et à rester compétitive face à la concurrence asiatique.
Des promesses non tenues
Lors de ses déplacements, le président de la République a souvent évoqué l'hydrogène comme un pilier de la transition énergétique. Mais pour les salariés de Symbio, ces discours sont en décalage avec les décisions concrètes. « On nous promet des usines, des emplois, mais on assiste à des plans de départs volontaires et à une incertitude permanente », déplore un technicien. La direction, de son côté, évoque des difficultés passagères et un marché encore immature.
Un sentiment d'abandon
Les salariés se sentent abandonnés par les pouvoirs publics et par leur hiérarchie. Ils pointent du doigt le manque de commandes et la dépendance aux subventions. « On a l'impression d'être un laboratoire grandeur nature, sans perspective industrielle solide », ajoute un ingénieur. La grogne monte, et des actions syndicales sont envisagées pour interpeller les élus locaux et nationaux.
La filière hydrogène en question
Le cas de Symbio illustre les difficultés de la filière hydrogène en France. Alors que le pays ambitionne de devenir un leader dans ce domaine, les acteurs industriels peinent à se structurer. « Il y a un vrai problème de coordination entre les annonces politiques et les réalités économiques », analyse un expert. Les investissements massifs annoncés peinent à se concrétiser, laissant les salariés dans l'incertitude.
- Manque de commandes fermes de la part des constructeurs automobiles
- Concurrence internationale accrue, notamment de la Chine et de l'Allemagne
- Dépendance aux subventions publiques, sans modèle économique viable
Des salariés en quête de réponses
Les employés de Symbio réclament des engagements clairs de la part du gouvernement et de la direction. Ils demandent un plan de développement industriel à long terme, avec des investissements pérennes. « On ne veut plus de belles paroles, on veut des actes », conclut un délégué syndical. La question de l'hydrogène vert, pourtant présenté comme une solution d'avenir, se heurte à la dure réalité du marché et des contraintes économiques.
En attendant, l'usine de Saint-Fons tourne au ralenti, et les salariés redoutent une restructuration qui pourrait entraîner des suppressions de postes. L'avenir de Symbio est plus que jamais incertain, et le sentiment de trahison reste vif.



