Il y a désormais une expression officielle : les « projets Notre-Dame ». Emmanuel Macron veut appliquer à 150 projets industriels, agricoles ou énergétiques la méthode qui a permis de rapidement rebâtir la cathédrale. « Il n'y a pas de raison que l'on reconstruise Notre-Dame en cinq ans et que l'on mette autant de temps pour une usine ou un poulailler. » Tout est dit. Et tout est paradoxal.
Un succès emblématique
La France sait toujours bâtir. Notre-Dame de Paris, rouverte en 2024 après l’incendie de 2019, en est la preuve éclatante : un chantier hors-norme, mobilisant artisans, ingénieurs, financements publics et privés, achevé dans les délais promis par le président. Ce que l’on croyait impossible – reconstruire une cathédrale médiévale en cinq ans – a été fait.
Les clés du succès
Mais, précisément, cela n’a été possible que parce que l’État s’est placé hors de son fonctionnement ordinaire. Loi spécifique, établissement dédié, dérogations, chaîne de commandement resserrée : pour réussir, il a fallu créer au cœur de Paris une sorte d’enclave administrative où la décision ne se discute plus et où l’exécution prime.
Un paradoxe démocratique
Cette méthode, si elle séduit par son efficacité, soulève des questions sur la transparence et la participation citoyenne. Peut-on contourner les procédures habituelles sans compromettre les principes démocratiques ? Le débat est lancé.



