L'OCDE constate une hausse généralisée des prélèvements sur les revenus du travail en 2025
Les salaires réels ont progressé dans la majorité des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2025, selon un rapport publié mercredi. Cependant, cette augmentation s'accompagne d'une hausse parallèle des taux effectifs d'imposition, particulièrement marquée pour les ménages avec enfants. L'analyse couvre trente-huit nations membres et met en lumière des évolutions contrastées selon les profils familiaux et les politiques fiscales nationales.
Une progression des revenus nets dans vingt-huit pays
L'étude indique que les salaires ont augmenté dans trente-cinq des trente-huit pays de l'OCDE par rapport à l'année 2024. Plus significativement, le revenu réel après impôts d'un travailleur célibataire au salaire moyen est en hausse dans vingt-huit pays. Cette tendance positive masque toutefois une pression fiscale accrue, mesurée par le paramètre du « coin fiscal ».
L'OCDE définit ce concept comme la somme des prélèvements sur les revenus du travail acquittés par les salariés et les employeurs, minorée des prestations en espèces perçues par les familles qui travaillent, exprimée en pourcentage des coûts de main-d'œuvre. Un coin fiscal élevé « tend à réduire les incitations à travailler et à embaucher en réduisant la rémunération nette et en augmentant les coûts de main-d'œuvre pour l'employeur », souligne l'organisation.
Le coin fiscal atteint un plus haut depuis 2016
En 2025, les prélèvements sur les revenus du travail, par rapport au coût de la main-d'œuvre, ont augmenté de 0,15 point pour un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen. Ils atteignent ainsi 35,1 %, un niveau record depuis 2016. Cette hausse concerne vingt-quatre pays, tandis que onze ont enregistré une baisse et trois sont restés stables.
Les disparités internationales sont frappantes : le paramètre varie de 52,6 % en Belgique à 0 % en Colombie. La France se situe à 47,2 %, témoignant d'une pression fiscale importante. Le Royaume-Uni connaît la plus forte augmentation (+2,45 points), principalement due à l'augmentation des cotisations patronales de sécurité sociale et à l'absence d'indexation automatique, qui fait mécaniquement grimper les taux effectifs d'imposition.
Les ménages avec enfants particulièrement touchés
Les taux effectifs d'imposition ont augmenté en moyenne pour les huit catégories de ménages examinées dans le rapport. Les parents isolés de deux enfants percevant 67 % du salaire moyen subissent une hausse de 0,52 point, portant leur coin fiscal à 16,3 %. Les couples avec deux enfants et un seul salaire égal au salaire moyen voient une augmentation de 0,46 point à 26,2 %.
Pour ces derniers, l'écart avec les travailleurs célibataires se réduit de 0,31 point, signalant une baisse de l'avantage fiscal traditionnellement accordé aux familles qui travaillent. Pour un couple marié avec enfants et deux salaires moyens, le coin fiscal progresse de 0,22 point à 32 %.
Une tendance historique à la réduction des impôts pour les bas revenus
Malgré les hausses récentes, le rapport rappelle que depuis l'an 2000, « les pays de l'OCDE ont eu tendance à réduire davantage les impôts pour les travailleurs percevant des revenus faibles que pour ceux percevant des revenus moyens ou élevés ». Cette orientation de long terme contraste avec les évolutions observées en 2025, où la pression fiscale s'est accentuée pour la plupart des catégories de ménages, y compris les plus modestes.
L'analyse de l'OCDE souligne ainsi la complexité des dynamiques fiscales et salariales dans un contexte économique mondial en mutation, où la recherche d'un équilibre entre soutien aux revenus et financement des politiques publiques reste un défi majeur pour les gouvernements.



