Report de la visite ministérielle à Nîmes
La visite du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, initialement prévue ce mercredi à la maison d'arrêt de Nîmes, a été reportée. Le ministre aurait pris cette décision après avoir appris la présence d'une table de massage dans une salle de l'établissement, demandant son retrait de la zone de détention. Cette situation suscite l'indignation du syndicat Ufap Unsa Justice, qui dénonce un buzz médiatique et estime que d'autres problématiques bien plus graves mériteraient l'attention du ministre.
La table de massage : un projet validé depuis cinq ans
Selon Mathilde Carrillo, secrétaire locale adjointe du syndicat, cette table de massage n'a rien d'une surprise. Elle fait partie intégrante du projet immobilier géré par l'Agence publique pour l'immobilier de la justice (Apij) et a été validée par la chancellerie, la direction de l'administration pénitentiaire et la direction interrégionale de Toulouse il y a cinq ans. La syndicaliste souligne que le ministre n'a pas cherché à connaître la destination réelle de cette table, qui aurait pu servir à un projet de réinsertion, comme un laboratoire de coiffure déjà présent dans le quartier des femmes.
Conséquences du report sur le transfert des détenus
Ce report perturbe le programme de transfert des détenus vers le nouveau bâtiment, dont l'ouverture officielle est prévue le 18 août. Le syndicat annonce que la visite pourrait être reprogrammée au 19 août, ce qui décale le transfert des femmes de plusieurs jours. Actuellement, le quartier des femmes est saturé avec une soixantaine de détenues pour une capacité de 20, soit près de 300 % de surpopulation carcérale. Chez les hommes, la surpopulation atteint près de 250 %, avec une criminalité en hausse.
Conditions de travail et manque de moyens dénoncés
Le syndicat souhaite exposer au ministre les problèmes réels de la maison d'arrêt :
- Vétusté des locaux : les bâtiments actuels sont infestés de rats et de souris.
- Effectifs insuffisants : 125 agents pour 450 détenus, soit un agent par étage pour 80 à 90 détenus, ce qui pose des problèmes de sécurité.
- Absence d'infrastructures : pas de parking sécurisé, de salle de restauration, et une salle de repos trop petite pour six personnes.
- Isolement des conseillers du SPIP : certains refusent d'aller dans le bureau d'audience par manque de surveillants.
Mathilde Carrillo alerte : même avec le nouveau bâtiment offrant 140 places supplémentaires, les cellules seront à nouveau saturées d'ici la fin de l'année en raison du nombre de détenus en attente de transfert dans la région. Elle regrette que des moyens aient été mis pour les détenus (douche dans chaque cellule, terrain synthétique, salle de sport) mais rien pour les agents.
Le syndicat dénonce une mauvaise image donnée à la pénitentiaire et espère que le ministre, lors de sa venue, prendra en compte les véritables enjeux de la maison d'arrêt de Nîmes.



