Melun : guerre des commerçants contre les livreurs clandestins des parkings
À Melun, la guerre des commerçants contre les livreurs pirates

Dans la zone commerciale du Champ-de-Foire à Melun, en Seine-et-Marne, les commerçants sont en guerre contre ce qu'ils appellent les "pirates" des parkings. Il s'agit de livreurs clandestins qui abordent directement les clients à la sortie des magasins pour proposer leurs services de transport, souvent à des prix défiant toute concurrence. Cette pratique, bien que lucrative pour ces travailleurs informels, est dénoncée comme illégale et nuisible par les enseignes locales.

Des pratiques qui dérangent

Jean-Christophe Brayer, directeur du Conforama de Melun, ne cache pas son exaspération. Selon lui, ces livreurs ne se contentent pas de proposer leurs services : ils harcèlent les clients, les insultent lorsqu'ils refusent, et créent un climat d'insécurité. "Nous avons eu des femmes qui arrivent en pleurs dans le magasin après s'être fait insulter", témoigne-t-il. Les tensions sont telles que des altercations éclatent parfois entre les livreurs eux-mêmes, ce qui nuit à l'image de la zone commerciale.

Des vols et des nuisances

Au-delà du harcèlement, les commerçants rapportent des vols. La propriétaire du magasin Lapeyre affirme s'être fait dérober un portail par l'un de ces livreurs. De plus, ces derniers contribueraient aux dépôts sauvages de déchets dans la zone. Le directeur de Conforama ajoute que des téléviseurs ont été volés dans le service après-vente, obligeant le magasin à surveiller de près les allées et venues. "On a même dû fermer nos toilettes car certains les utilisaient comme un camping", déplore-t-il.

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Un livreur témoigne

Un livreur clandestin rencontré sur le parking de Bricorama justifie son activité en affirmant "rendre service". Cet homme de 65 ans, d'origine tunisienne, explique vivre avec une retraite de 764 euros et payer un loyer de 360 euros. "Je fais ça depuis cinq ans. Le week-end, on est onze ici", confie-t-il. Il dit aider des réfugiés et des personnes sans voiture qui ne peuvent louer une fourgonnette. Il sait que son activité est illégale, mais il ne compte pas s'arrêter, car elle l'aide à subvenir à ses besoins.

Des mesures insuffisantes

La police municipale et nationale reconnaissent être peu sollicitées sur ce sujet. Le chef de la police municipale indique avoir intensifié les patrouilles, mais admet que les livreurs reviennent rapidement après être partis. Le maire de Melun, Kadir Mebarek, annonce que des opérations coup de poing pourraient être mises en place, mais souligne que les moyens ne sont pas extensibles et que la véritable réponse doit être judiciaire.

Les clients aussi en risque

Le commissaire divisionnaire Jérôme Georges met en garde les clients : en faisant appel à ces livreurs, ils deviennent employeurs et risquent des poursuites pour travail dissimulé, voire pour emploi d'un salarié sans titre de séjour. "C'est la garde à vue", prévient-il. Il appelle à une meilleure collaboration entre les commerçants et la police pour signaler les livreurs en action.

En attendant, les enseignes tentent de sensibiliser leur clientèle avec des panneaux d'avertissement. Mais la situation perdure, et les commerçants espèrent que des actions plus fermes seront prises pour mettre fin à ces pratiques.

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