Feria de Nîmes 2026 : Jean-Marie Raymond, ganadero français, vise l'Espagne
Feria de Nîmes 2026 : Jean-Marie Raymond vise l'Espagne

Feria de Nîmes 2026 : Jean-Marie Raymond, le ganadero français qui veut conquérir l'Espagne

Jean-Marie Raymond, le ganadero français à la tête de l'élevage Virgen Maria, installé en Andalousie, se confie avant la corrida de Pentecôte à Nîmes. Il évoque son parcours, ses origines et ses ambitions pour l'avenir.

Pourquoi être devenu ganadero ?

Dès l'âge de treize ans, Jean-Marie Raymond a ressenti une forte attirance pour l'élevage. Il voulait quitter l'école pour devenir maquignon, mais son père l'en a dissuadé. Plus tard, alors qu'il travaillait dans la police, il était très ami avec le président des Viandes Socopa, qui souhaitait l'intégrer dans son entreprise. Cette passion pour l'élevage a conduit sa sœur et ses amis à lui offrir vingt vaches de Ferney et un semental pour ses cinquante ans, en 2002.

Pourquoi exiler Virgen Maria en Andalousie en 2010 ?

En France, les mêmes toreros viennent souvent pour les tientas, ce qui limite la visibilité de l'élevage. Jean-Marie Raymond a donc choisi de s'installer d'abord à Constantine, puis en Andalousie. Ce choix stratégique était motivé par l'inscription à l'UCTL, le syndicat d'éleveurs espagnol qui détient l'arbre généalogique. C'est un investissement financier conséquent, mais qui permet de bénéficier de supports vétérinaires et d'une reconnaissance professionnelle.

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Les origines de Virgen Maria

Les premières acquisitions ont été faites chez Jandilla, d'abord indirectement via Esteban Isidro, puis directement avec Borja Domecq. La base initiale est donc Jandilla et Victoriano del Rio. Ensuite, Jean-Marie Raymond a eu l'opportunité de racheter la « camada » de Javier Domecq, le frère du Marquis de Domecq. Cet apport a permis de franchir un cap sur le gabarit et la transmission des toros. Deux sementales, « Malicioso 4 » et « Galguito 60 », sont les fondations de la ganaderia. Ce dernier est un petit-fils de « Aldeano », qui est la base de Victoriano del Rio.

Un duo indissociable avec le mayoral

Jean-Marie Raymond insiste sur l'importance d'un grand mayoral pour construire une ganaderia, à l'image de Fuente Ymbro, El Parralejo ou Pedraza. Il a eu l'opportunité d'intégrer Andres Tirado, qui souhaitait partir de chez Victoriano del Rio. Leur collaboration dure depuis quinze ans. La fille d'Andres, Irene, officie comme mayoral adjoint et gère l'administratif, tandis que son épouse s'occupe de l'hôtellerie de l'élevage. Ils font partie de la famille.

L'équilibre économique et les activités annexes

Créer une ganaderia demande un gros investissement initial. Jean-Marie Raymond estimait pouvoir équilibrer le budget avec six ou sept corridas par an. Pour y parvenir, il a développé une offre complémentaire : huit suites et trois chambres de standing ont été créées dans une grande bâtisse inutilisée au sein de la finca, à trente minutes de Séville, avec une piscine. Un élevage de chevaux lusitaniens a également vu le jour, dont l'engouement ne cesse de croître. Ce concept hybride permet aux clients de se ressourcer, de partager des repas et d'échanger, tout en générant de l'aficion.

Les plus belles satisfactions comme ganadero

Parti de zéro, chaque étape franchie est une récompense pour le travail d'équipe. Jean-Marie Raymond se souvient de la qualité de plusieurs corridas à Tomelloso, d'une novillada à Blanca, et du lot de Palma de Majorque avec deux demandes d'indulto pour El Juli et El Fandi. La présentation à La Maestranza, avec six toreros du cru et son élevage dirigé par un Français, l'a beaucoup ému.

Souvenirs à Nîmes

La corrida des neuf oreilles en 2024 a été un grand bonheur, tout comme une belle novillada où Juan Leal et Solal ont triomphé. Cependant, un souvenir plus amer persiste : Marc Serrano s'est blessé, même si le lot était de qualité. Nîmes est une arène très importante pour l'élevage, car l'empresa a été la première à accorder sa confiance à Jean-Marie Raymond.

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Le lot pour Pentecôte

C'est une corrida bien faite, avec le sérieux d'une arène de première catégorie, provenant de quatre sementales de la meilleure lignée. Les descendants de « Malicioso 4 » et « Galguito 60 » ont donné d'excellents résultats sur plusieurs générations. Neuf toros ont été embarqués, dont trois resteront comme sobrero. Certains sont des frères du lot de 2024. La pression est importante, mais l'équipe est confiante, d'autant que le cartel est extraordinaire : Perera, qui a triomphé face à leurs toros à Arles, Paco Ureña, un grand professionnel, et Aaron Palacio, qui a déjà triomphé en novillada et tiente régulièrement chez eux.

Prochains rêves

Madrid ? L'ancienneté a été acquise en 2010, mais le résultat a été décevant. Des discussions ont eu lieu avec l'empresa, mais le poids des toros pourrait ne pas permettre d'aller à Las Ventas. C'est un projet pour l'avenir, mais l'élevage reste jeune et a besoin de temps. Revenir à Séville ferait chaud au cœur. Jean-Marie Raymond souhaite que son élevage gagne en reconnaissance pour aller plus souvent dans le Sud-Ouest ou dans les grandes ferias espagnoles comme Valencia ou Bilbao.

Ce vendredi 22 mai, à 18 h, six toros de la ganaderia Virgen Maria seront combattus par Miguel Angel Perera, Paco Ureña et Aaron Palacio.