Ce lundi 4 mai 2026, les laboratoires de ville font face à un mouvement de grève national de leurs salariés. À l’appel d’une intersyndicale déterminée, les techniciens, secrétaires et agents logistiques cessent le travail pour dénoncer une précarisation devenue, selon eux, insupportable.
Une transformation profonde du secteur
Le cœur du conflit réside dans la transformation profonde du secteur. Depuis une dizaine d’années, les structures indépendantes de proximité ont massivement été absorbées par des géants privés et des fonds d’investissement. Pour les syndicats, cette concentration industrielle s’est faite au détriment de l’humain. La logique de rentabilité immédiate imposée par les actionnaires aurait conduit à une compression drastique des coûts salariaux.
« On assiste à une dégradation organisée du service aux usagers et à une paupérisation des personnels », fustigent les représentants des salariés.
Des salaires proches du plancher
Le constat chiffré est amer : une immense majorité des employés — incluant les coursiers, les agents d’entretien et le personnel administratif — stagne au niveau du Smic. Aucune revalorisation significative n’a été enregistrée depuis le début de l’année 2024, plongeant de nombreux foyers dans la difficulté face à l’inflation.
En parallèle, les conditions d’exercice se sont durcies : surcharge de travail liée aux réductions d’effectifs, mobilité géographique imposée entre différents sites, pression managériale accrue pour optimiser les flux d’analyses.
Un écho aux revendications des biologistes
Cette grève des salariés fait écho, tout en s’en distinguant, au mouvement des biologistes libéraux fin 2024. Si ces derniers avaient obtenu de l’Assurance Maladie un gel des tarifs et quelques ajustements à la hausse pour 2025-2026, les employés estiment être les grands oubliés de ces négociations. Alors que les revenus des grands groupes semblent sanctuarisés, la base réclame désormais sa part du gâteau pour garantir la survie d’une biologie de proximité de qualité.
Le mouvement, qui se veut massif, pourrait perturber l’accès aux soins et la réalisation des examens de routine sur l’ensemble du territoire français dans les jours à venir.



