Un recordman pas comme les autres
Plus de vingt ans après sa performance saugrenue, le sexagénaire Bernard Bouliteau a encore deux autres records un peu fous en tête : 135 kilomètres et 300 mètres, pas un de moins. Bernard Bouliteau, 60 ans, y tient. En 2000, alors qu’il avait 34 ans, le Marmandais a battu le record du monde de la course de 24 heures à reculons de 125 km en 22 heures, performance réalisée en 1985 par un Américain. C’était il y a vingt-six ans donc, à Tonneins, et il n’a pas été égalé depuis. Il faut dire que ce jour-là, l’ancien élu était seul en course pour surpasser le record précédent qu’il avait aperçu sur le Guinness des records.
Cet exploit local lui a d’ailleurs valu à l’époque de passer à l’émission « Ciel mon mardi ! » avec Christophe Dechavanne. « J’ai cru à une blague quand j’ai reçu un coup de fil du producteur du show me disant que mon avion partait le jour même pour Paris ! Si quelqu’un peut d’ailleurs retrouver l’extrait, ce serait bien car ma cassette VHS est un peu abîmée », lance Bernard Bouliteau comme une bouteille à la mer.
Comment est-il arrivé à courir à reculons ?
Mais comment l’homme en est-il arrivé là ? « Je pratique la course depuis 1987 et dans les années 1993, je m’entraînais avec une copine : pour lui parler en même temps, j’ai testé de courir en arrière pour voir sur des 5 ou 10 kilomètres. » Un test qui lui a plus que plu. « Il faut être concentré mais je me suis vite adapté à regarder sur les côtés pour ne pas trop avoir de torticolis », raconte le sexagénaire, qui pense que la discipline est même meilleure que la course « normale » pour le corps.
« J’avais vu dans un bouquin que selon des professeurs américains, il est recommandé de courir à reculons dix minutes par jour pour solliciter les muscles qui ne sont pas habitués à être mobilisés. La pratique est moins fatigante au niveau cardiaque car on n’a personne à rattraper », détaille celui qui s’est « formé » sur des épreuves classiques comme le Marmande-Meilhan. « Une fois, j’ai tenté de courir de nuit et le lendemain un copain m’a dit : “il faut que j’arrête de boire car j’ai halluciné : j’ai vu un mec courir à reculons avec des brassards” », plaisante encore Bernard Bouliteau.
Un athlète toujours actif
Il a fallu ensuite attendre 2006 pour que l’agent de production d’une société de tartinades de fruits locale raccroche les baskets, du moins en arrière. Car l’homme continue d’arpenter les courses longue durée. « Je participe à des courses de six jours comme en Ardèche ou des huit jours sur les No finish line, pour le plaisir de courir et les bénéfices vont à des associations d’enfants pauvres ou opérés du cœur », abonde le sportif.
Et visiblement son record ne lui a pas suffi. L’homme s’est mis en tête depuis plusieurs années de s’attaquer à d’autres disciplines, disons plutôt incongrues. « Je vise les 24 heures de marche à quatre pattes sans mettre les genoux par terre. La seule chose que j’appréhende, ce sont les épaules qui m’ont fait des misères ces dernières années. » Il aimerait que cette épreuve de marque se déroule au stade Dartiailh, à Marmande évidemment, même s’il ne s’est pas encore entraîné pour cette performance. Restent à trouver les sponsors, qui ne se bousculent pas au portillon.
Encore plus fou, ou du moins plus impressionnant, l’ancien de chez Pampryl aimerait s’essayer au record du nombre de sauts à l’élastique : 131 sauts en une journée avec un élastique de 20 mètres. « Bon, il faut déjà faire venir une grue à Marmande pour réaliser cet exploit ainsi que l’huissier du Guinness des records », nuance l’ancien élu. Le sexagénaire ne s’est élancé dans le vide que deux fois dans sa vie : à Tonneins et Sainte-Bazeille.



