La canicule qui a frappé la France ces dernières semaines a eu un impact direct sur le marché du livre. Selon les données de GfK, les ventes de livres ont chuté de 20% par rapport à la même période l'année dernière. Les librairies, déjà confrontées à une baisse de fréquentation depuis le début de l'année, voient leur situation se dégrader.
Une baisse d'activité généralisée
Les fortes chaleurs ont dissuadé les clients de se rendre en librairie. « Quand il fait 40 degrés, les gens préfèrent rester chez eux ou aller à la plage plutôt que de venir acheter des livres », explique un libraire parisien. Cette baisse d'activité est particulièrement marquée dans les grandes villes, où les températures ont été les plus élevées.
Les librairies de quartier sont les plus touchées. « Nous avons perdu près de 30% de notre chiffre d'affaires pendant la canicule », témoigne une libraire à Lyon. Les ventes en ligne n'ont pas non plus compensé cette baisse, car les consommateurs ont privilégié d'autres achats.
Un été difficile pour les libraires
Cette baisse des ventes intervient à un moment crucial pour les librairies, qui comptent sur l'été pour équilibrer leur année. « Juillet et août représentent généralement 20% de notre chiffre d'affaires annuel », rappelle un représentant du Syndicat de la librairie française. La canicule pourrait donc avoir des conséquences durables sur la santé économique des librairies.
Certains libraires tentent de s'adapter en proposant des horaires d'ouverture adaptés, ou en misant sur des produits rafraîchissants comme les carnets de voyage ou les romans policiers. Mais ces initiatives restent insuffisantes pour compenser la baisse générale de la demande.
Les ventes de livres en berne
Le phénomène n'est pas isolé : les ventes de livres sont en baisse constante depuis le début de l'année. Selon GfK, le marché du livre a reculé de 5% sur les six premiers mois de 2024. La canicule n'a fait qu'aggraver une tendance déjà préoccupante.
Les genres les plus touchés sont les essais et les romans contemporains, tandis que les bandes dessinées et les livres jeunesse résistent mieux. « Les gens achètent moins de livres, mais quand ils le font, ils se tournent vers des lectures légères », analyse un éditeur.
Des perspectives incertaines
Les libraires redoutent un été difficile, avec une météo capricieuse qui pourrait encore perturber les ventes. « Nous espérons que la rentrée littéraire de septembre permettra de relancer l'activité », confie un libraire. Mais d'ici là, les librairies doivent faire face à une baisse de trésorerie qui pourrait les fragiliser durablement.
Le gouvernement a annoncé des mesures de soutien pour les commerces de proximité, mais les libraires estiment qu'elles sont insuffisantes. « Nous avons besoin d'un plan d'urgence pour sauver les librairies indépendantes », réclame le Syndicat de la librairie française.



