Quelque 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur les Exchange Traded Funds (ETF) en 2025, selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), un chiffre en hausse de 83 % sur un an. L'engouement des particuliers se confirme depuis plusieurs années puisqu'ils n'étaient que 223 000 à utiliser ces produits en 2020. Mais de quoi s'agit-il exactement ?
Qu'est-ce qu'un ETF ?
Les ETF sont des fonds indiciels cotés en Bourse. Contrairement aux fonds actifs dont l'objectif est de battre l'indice de référence de leur marché, ils cherchent à le reproduire fidèlement. La gestion indicielle – aussi appelée gestion passive par opposition à la gestion active traditionnelle – est loin d'être marginale. "Elle représente 4 500 milliards d'euros à l'échelle européenne fin 2025, soit 32 % du total des actifs sous gestion", explique Olivier Malteste, directeur des investissements de Yomoni. C'est encore davantage outre-Atlantique. Ces produits sont gérés par des grands noms de la gestion au niveau mondial comme BlackRock (sous la marque iShares), Vanguard, State Street Global Advisor (SPDR) ou encore Amundi et DWS (Xtrackers).
Des placements adaptés à tous les profils
Ces placements méritent une place dans le portefeuille des particuliers. Ils sont adaptés à tous les profils d'investisseurs, du néophyte s'intéressant à la Bourse pour la première fois à l'expert cherchant à accéder à des marchés très spécifiques. Les ETF permettent en effet de s'exposer à toutes les catégories d'actifs, des actions aux obligations en passant par le monétaire, en mettant en œuvre des stratégies géographiques (actions américaines, obligations des marchés émergents…) ou sectorielles (actions technologiques, de la santé…) voire thématiques (intelligence artificielle, cybersécurité, souveraineté européenne, économie circulaire…). L'offre disponible ne cesse de s'enrichir. "C'est idéal en termes de diversification puisqu'un seul ETF permet de s'exposer à des milliers de valeurs", souligne Olivier Malteste.
Pour démarrer, vous pouvez acheter un ETF répliquant l'indice MSCI World, composé d'environ 1 300 actions cotées sur 23 bourses internationales, ou tout simplement un ETF reproduisant l'indice star de la Bourse de Paris, le CAC 40. Un épargnant plus expérimenté pourra sélectionner une dizaine d'ETF couvrant à la fois les actions et les obligations, et revoir régulièrement ses positions en fonction de ses anticipations sur les marchés. Il est d'ailleurs tout à fait possible de les combiner avec des fonds de gestion active pour profiter des atouts des deux approches.
Des performances qui peuvent être négatives
Autre argument mis en avant par les inconditionnels des ETF, "seuls 10 % des gérants actifs parviennent à battre leur indice de référence sur le long terme alors qu'il n'y a pas de risque de déception avec les ETF", note Clément Nouvet, directeur général de Nalo. C'est néanmoins variable selon les classes d'actifs étudiées et leur performance suivant précisément leur indice de référence, ils peuvent bien entendu afficher des performances négatives. Il ne s'agit donc pas d'une martingale : la performance de votre portefeuille reposera avant tout sur votre allocation d'actifs et sur les arbitrages réalisés.
Où loger ses ETF ?
Dans la pratique, vous pouvez loger vos ETF dans de nombreuses enveloppes : le compte-titres bien sûr, mais aussi le plan d'épargne en actions (PEA), l'assurance-vie et le plan d'épargne retraite (PER). Si vous cherchez simplement à vous exposer à un marché à moyen ou long terme, l'assurance-vie et le PER permettent de bénéficier d'un cadre fiscal avantageux. Attention, vous serez alors limités aux véhicules référencés par votre assureur, une contrainte de taille car de nombreux contrats n'en comportent pas encore. Si ce critère est crucial pour vous, privilégiez les contrats Internet, les mieux-disants en la matière. Pour une gestion active, il est préférable de loger ses ETF sur un compte-titres ou un PEA, sur lesquels vous pouvez passer un ordre de Bourse en choisissant votre cours d'achat ou de vente. De nombreux courtiers en Bourse ont des accords avec des émetteurs d'ETF permettant d'acquérir leurs produits sans régler de frais de courtage. C'est le cas notamment de BoursoBank avec iShares, de Bourse Direct avec Amundi, BNP Paribas AM et iShares ou de Saxo Banque avec Amundi.
À noter, les ETF permettent aussi de diversifier son PEA à l'international alors que cette enveloppe est normalement réservée aux actions européennes. En effet, il existe des fonds indiciels éligibles au PEA mais répliquant la performance des indices internationaux, notamment sur les actions américaines (S&P 500, Nasdaq…). Ces produits reposent sur une technique de gestion sophistiquée, la réplication synthétique, à base de produits dérivés. "Cela permet de bénéficier du cadre fiscal avantageux du PEA sur ses investissements internationaux, ce qui est un atout de taille", estime Olivier Malteste.
Des frais nettement inférieurs
Enfin, le succès des ETF repose sur leur niveau de frais de gestion, particulièrement faible par rapport aux fonds de gestion active. "Ils sont dix fois moins chers, confirme Olivier Malteste. Pour les actions, les frais de gestion sont généralement compris entre 0,20 % et 0,30 % sur les ETF contre 2 % pour les fonds actifs". Précisément, les ETF d'actions françaises affichent des frais moyens de 0,31 % d'après Morningstar, contre 1,66 % pour les fonds actifs. Même principe sur les actions européennes de grandes capitalisations : les frais sont évalués à 0,15 % pour les ETF contre 1,13 % pour les fonds actifs. Les frais se limitent même à 0,07 % voire 0,03 % sur de très grands indices américains comme le S&P 500 sur lesquelles la concurrence joue à plein. "Les particuliers souscrivent les mêmes parts que les investisseurs institutionnels donc ils bénéficient eux aussi de frais très faibles", précise Damien Cadillon, responsable de la distribution des ETF en France d'Amundi. À l'inverse, pour les fonds actifs classiques, il existe des parts dédiées aux institutionnels moins chargées que celles commercialisées auprès du grand public. Cet écart de frais impacte directement la performance finale pour l'investisseur. "L'écart se creuse lorsque vous comparez un portefeuille d'ETF et un autre composé de fonds actifs sur dix ou vingt ans, analyse Clément Nouvet. Prenez un ETF sur les actions américaines dont les frais s'élèvent à 0,05 % et un fonds actif sur ce même marché chargé à 1,50 % : sur dix ans, vous perdez 14,5 % de performance !" Cela peut véritablement faire la différence dans le cadre d'un placement sur un horizon très long.



