Ce dimanche 28 juin, l'Algérie affronte l'Autriche pour son dernier match de groupe de la Coupe du monde 2026. Sur les 26 joueurs sélectionnés par Djamel Belmadi, 13 sont nés en France, soit exactement la moitié de l'effectif des Fennecs. Cette particularité illustre un phénomène bien connu : la sélection algérienne compte traditionnellement de nombreux binationaux, souvent issus de l'immigration algérienne en France.
La France, premier pays de naissance des joueurs du Mondial
Selon les données de la FIFA, la France est le pays de naissance le plus représenté dans ce Mondial : 99 joueurs sur les 1 248 participants sont nés sur le sol français, soit près de 8 % de l'ensemble des footballeurs engagés. Juste derrière l'équipe de France (dont trois des 26 appelés par Didier Deschamps sont nés à l'étranger), l'Algérie est la sélection qui compte le plus de joueurs nés dans l'Hexagone.
Un lien historique et politique fort
Cette situation n'est pas nouvelle. Elle s'inscrit dans une longue histoire de relations complexes entre la France et l'Algérie, tant sur le plan sportif que politique. De l'équipe du FLN (Front de Libération nationale) entre 1958 et 1962 à l'affaire des quotas au début des années 2010, en passant par le match France-Algérie d'octobre 2001, la place des Français issus de l'immigration algérienne a toujours suscité des débats sociétaux.
Une complémentarité des nationalités
Pour le sociologue Seghir Lazri, auteur de cette carte blanche, ces joueurs binationaux montrent que la nationalité étatique et la nationalité sportive peuvent être complémentaires. « Loin d'être un sujet de discorde, cette double appartenance est une richesse pour les deux pays », explique-t-il. « Elle permet à des joueurs formés en France de porter les couleurs de l'Algérie, tout en conservant un lien fort avec leur pays de naissance. »
Des vexations récurrentes
Malgré cette complémentarité, les binationaux sont souvent l'objet de vexations, en France comme en Algérie. Certains leur reprochent de choisir leur sélection par opportunisme, d'autres de ne pas être suffisamment engagés. Pourtant, pour Seghir Lazri, ces critiques sont infondées : « Le choix de représenter l'Algérie est souvent un choix de cœur, lié à l'histoire familiale et à un sentiment d'appartenance. »
Un phénomène amené à perdurer
Avec la mondialisation du football et la multiplication des doubles nationalités, ce phénomène devrait s'accentuer dans les années à venir. La prochaine Coupe du monde, en 2030, pourrait voir encore plus de joueurs binationaux, notamment issus de la diaspora africaine en Europe. Pour l'Algérie, cette tendance est une chance : elle permet de bénéficier de joueurs formés dans les meilleurs centres de formation du monde, tout en conservant une identité forte.



