La rue de Tunis à Sète : un passé tumultueux
Aujourd'hui célèbre pour ses fresques colorées et sa végétation luxuriante, la rue de Tunis à Sète n'a pas toujours été un lieu prisé. Les habitants, comme Pascal, Josy, Agnès ou encore les artistes, se souviennent d'une époque où la rue était bien différente. « J'aimerais beaucoup réaliser quelque chose avec tous les témoignages que nous avons recueillis », confie Josy. Elle raconte l'histoire d'une vieille dame espagnole qui vivait dans la rue avant la construction du pont de Pierre. À l'époque, la rue était une impasse menant au quai. « Elle allait chercher les oranges sur les bateaux venus d'Espagne, amarrés quai Rhin et Danube, et passait sa journée à les trier. Parfois, elle repartait chez elle avec quelques-unes », se souvient Josy.
Un lieu de prostitution et de trafic
Proche du port, la rue de Tunis a longtemps été connue des Sétois et surtout des marins pour ses prostituées. « Il y a même un monsieur qui nous a raconté que, quand il était enfant, il se faisait régulièrement garder par les prostituées », rapporte Agnès. Ces femmes faisaient partie intégrante de la vie de la rue, connues de tous. Avec le temps, la rue a acquis une mauvaise réputation, devenant un véritable « coupe-gorge », selon de nombreux Sétois. « J'avais presque regretté d'avoir acheté un appartement ici », confie une voisine. Entre les dealers et la saleté, la rue était évitée. « Quand j'étais ado, on n'allait pas du tout là-bas. C'était sale, et les gens avaient peur de passer », se souvient Depose. « Aujourd'hui, c'est le jour et la nuit. La rue s'est gentrifiée, comme beaucoup de rues de ce quartier populaire. »
La transformation en rue branchée
Les fresques murales et les plantes ont métamorphosé la rue, la rendant « tendance ». « On ne pensait pas que notre initiative ferait flamber les prix », plaisantent Josy et Pascal. Heureusement, la rue conserve une certaine mixité sociale. Les habitants sont fiers de ce renouveau, même si certains regrettent la hausse des loyers. La rue de Tunis est aujourd'hui un exemple de revitalisation urbaine par l'art et la communauté.



