Oise : le jardin Van Beek aux 20 000 tulipes rêve de la télé
Oise : le jardin Van Beek aux 20 000 tulipes rêve de la télé

Dans l'ombre de Giverny, un jardin picard aux 20 000 tulipes espère la lumière de la télé

Des nénuphars sur un étang avec, en arrière-plan, un pont bleu. L'image est évocatrice et rappelle immédiatement le jardin et les toiles de Claude Monet à Giverny (Eure). Pourtant, nous ne sommes pas dans l'Eure, mais à 60 km plus au nord, dans l'Oise, précisément à Saint-Paul, à deux pas de Beauvais.

Au détour d'un virage se tient un jardin tout aussi idyllique, « créé par un peintre pour un peintre ». S'il ne se compare pas à la figure de l'impressionnisme, André Van Beek, l'artiste propriétaire des lieux, a pensé son jardin comme un tableau. Ou plutôt comme plusieurs toiles mettant en scène l'harmonie des couleurs sur 1,5 hectare.

Son espace est ouvert au public en 2006, puis il obtient le label « Jardin remarquable » en 2011. Trois ans plus tard, il représente la Picardie dans l'émission « Le jardin préféré des Français », présentée par Stéphane Bern, et se hisse à la quatrième place.

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Aujourd'hui, la télévision vient à nouveau toquer à la porte du jardin d'André Van Beek. Les équipes de Stéphane Bern l'ont présélectionné pour représenter les Hauts-de-France dans « Le monument préféré des Français ». Une formidable opportunité pour se faire connaître dans le pays entier.

Un jardin parmi de grands monuments

« Ils m'ont contacté en mars pour me dire qu'ils envisageaient de me sélectionner dans le concours, raconte-t-il. Je pensais que j'allais être dans une catégorie jardins, mais en fait je suis dans la catégorie monuments. Pour moi, c'est surréaliste. Ce qui est original pour un peintre postimpressionniste. »

Pour participer au concours final, le jardin Van Beek devra d'abord se qualifier face à son « adversaire » dans la région des Hauts-de-France : la piscine Art déco Roger-Salengro de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais). C'est au public de trancher, sur le site de France Télévisions.

« La piscine est très belle, je l'ai découverte en apprenant qu'on était en concurrence, admet André Van Beek. Mais si je passe, ce serait très bien pour Saint-Paul et les environs. » Il est vrai qu'André et son jardin se sentent petits face au viaduc de Millau (Aveyron), à l'Arc de Triomphe à Paris, à la basilique de Lisieux (Calvados) ou à la cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir), également en lice. L'an dernier, le vainqueur n'était autre que le splendide château de Chantilly, à 50 km de là.

« Voter, on le fera avec plaisir, assurent Jean-Marc et Laurence, venus du Crotoy (Somme). Ce jardin mérite largement cette reconnaissance médiatique. On a vu les premières fleurs des nénuphars, les premières roses, c'est magnifique. »

Une ex-friche industrielle transformée en paradis

D'abord solitaire, André Van Beek, artiste autodidacte qui « dessine depuis l'âge de 6 ans », intègre le Cercle des peintres de Pontoise (Val-d'Oise). « On se retrouvait sur plusieurs spots pour peindre ensemble, indique-t-il. On l'a d'ailleurs fait plusieurs fois à Giverny. »

André Van Beek y a connu une certaine frustration, qui changera beaucoup de choses. « Plusieurs fois, je n'ai pas pu peindre comme je le désirais, souffle-t-il. Je me suis dit que je voulais avoir le sujet chez moi, dès le matin, pour pouvoir profiter des lumières différentes selon les heures dans la journée. »

Avec son épouse, l'artiste va abattre un travail titanesque pour transformer une ancienne friche industrielle en jardin paradisiaque, sorte de palette à ciel ouvert, changeante selon les saisons, où les couleurs, des feuillages ou des fleurs, règnent en maîtresse absolue.

Le premier étang apparaît en 2000, suivi, en 2002, de la création des cascades et des ruisseaux. « J'ai deux pompes de relevage qui permettent de ne pas gâcher l'eau de la source présente sur le terrain », explique-t-il. Les chemins, les espaces herbeux sont pensés pour offrir des perspectives aux créations sur toile.

« Je l'ai amélioré chaque année selon mes inspirations », assure-t-il, avant de préciser dans un sourire que dans son jardin « c'est un pont picard carré et pas un pont japonais rond comme à Giverny ».

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Incapable de recenser la totalité des plantes qu'il possède, André Van Beek précise quand même qu'il y a 20 000 tulipes (déplantées récemment et conservées pour l'an prochain), 6 000 narcisses, 1 500 dahlias, 330 pieds d'hortensia, 150 pieds de nénuphars, des hémérocalles, des astilbes mais aussi un heptacodium, un arbre venu d'Himalaya choisi pour sa floraison automnale.

La faune y est naturellement présente, et la visite du jardin se fait au son des chants des oiseaux. « Il y en a moins qu'avant, regrette le propriétaire des lieux. J'ai toujours deux couples de canard colvert qui ont élu domicile ici, un héron, un martin-pêcheur… » Plus trois poules qui se baladent comme un clin d'œil à l'aviculteur qu'était André Van Beek, avant qu'il ne vive de sa passion.