Un centenaire célébré avec éclat
Le village de Breil-sur-Roya, situé près de Menton dans les Alpes-Maritimes, s'apprête à vivre une journée historique ce samedi 9 mai 2026. La commune inaugure officiellement son monument aux morts fraîchement restauré, à l'occasion du centenaire de sa première inauguration, qui avait eu lieu le 6 mai 1926 en présence du ministre des travaux publics Anatole de Monzie et du sénateur Eugène Charabot.
Un édifice chargé d'histoire
Construit en 1922, le monument en marbre vert de Tende est l'œuvre de l'architecte Léon Le Bel, également connu pour ses villas méditerranéennes et ses bâtiments industriels pour la parfumerie. Sa conception originale, un hexagone avec trois côtés en gradins portant les noms des morts pour la France, intègre trois chapiteaux romans du XIVe siècle provenant de l'ancienne église détruite vers 1662. Le projet initial prévoyait un plan circulaire, mais la version finale a été modifiée.
85 noms gravés dans le marbre
Le monument honore 85 soldats : 75 de la Première Guerre mondiale, 10 de la Seconde (dont une famille juive déportée) et un marin mort en Indochine. Treize d'entre eux ont reçu la Croix de guerre, notamment Antoine Mercien Barra, Louis Boetto, Michel Cottalorda, Augustin Gastaud, Auguste Ghio, Camille Gleize, Antoine Ipert, Emile Lachaux, Paul Lecoant, Antoine Rey, Ange Rossi, Pierre Tosan et Antoine Toselli.
Une restauration minutieuse
Pour ses 100 ans, le monument a bénéficié d'une restauration de 35 000 euros, financée à 50 % par le Département, avec 8 000 euros de la Carf et 8 000 euros de l'association A Souceta Briienca. Les travaux, réalisés par des entreprises locales, ont notamment porté sur le quadrillage au sol, passé du rouge au vert et blanc. Le maire Sébastien Olharan se réjouit : "Aucune personne vivante ne l'a connu dans cet état. Il est plus beau qu'il ne l'a jamais été."
Des traces du passé
Le monument porte encore les stigmates de la Seconde Guerre mondiale : une flèche fendue par un bombardement allié, chevillée mais toujours visible, ainsi que des impacts de balles. Ces cicatrices rappellent les épreuves traversées par la commune.
Un devoir de mémoire partagé
Pour l'historienne militaire Béatrix Pau, les monuments aux morts répondent à un triple enjeu : honorer la mémoire des soldats, rendre hommage aux victimes des guerres et transmettre l'histoire aux jeunes générations. La cérémonie de ce samedi, ouverte à tous, incarne cette mission. Elle débutera à 11h et sera animée par une fanfare, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère pour ce symbole de la mémoire collective.



