Le mystère Philippe Daudet ressuscité par Jean-Jacques Salgon
Cent ans après la mort tragique de Philippe Daudet, le petit-fils d'Alphonse Daudet, l'écrivain nîmois Jean-Jacques Salgon lui consacre un ouvrage intitulé "Flip". Ce livre, publié aux éditions Verdier, explore la courte vie de cet adolescent fugueur, mort à 14 ans dans un taxi le 24 novembre 1923. Une affaire qui avait à l'époque défrayé la chronique, mêlant politique et drame familial.
Un adolescent en révolte
Philippe Daudet, surnommé Flip, est le fils de Léon Daudet et de Marthe Allard. Issu d'un milieu très fermé, il se rebelle contre sa famille d'extrême droite. Dès 12 ans, il fugue, d'abord à Marseille, puis au Havre, dans l'espoir de s'embarquer pour le Canada. Mais le manque d'argent le contraint à rebrousser chemin. De retour à Paris, il rejoint des amis anarchistes et fréquente le journal Le Libertaire. Il écrit également de la poésie, qu'il rassemble sous le titre "Parfums maudits", en hommage à Baudelaire.
Une enquête littéraire et personnelle
Jean-Jacques Salgon ne livre pas une biographie classique. Il se rend sur les lieux marquants de la vie de Philippe : Marseille, Le Havre, Paris. "J'aime marcher parmi les fantômes", confie-t-il. L'écrivain retrouve dans ce destin des échos de sa propre adolescence : le rejet du milieu familial, l'envie de voyage. Il s'intéresse aussi aux liens secrets qui unissent les Daudet à Marcel Proust, ami de Léon Daudet et peut-être amant de l'oncle de Philippe.
Une affaire politique oubliée
La mort de Philippe Daudet a été immédiatement instrumentalisée par l'extrême droite, qui y a vu un assassinat politique. Mais Salgon écarte cette dimension pour se concentrer sur le parcours intime de l'adolescent. "Ce qui m'intéressait, c'était de m'approcher du personnage", explique-t-il. Un siècle plus tard, "Flip" redonne vie à ce jeune homme tourmenté, victime de son époque et de ses démons.
L'ouvrage est disponible aux éditions Verdier, 128 pages, 17,50 euros.



