Nantes relégué en Ligue 2 : une descente annoncée par une gestion sportive chaotique
Nantes relégué en Ligue 2 : une gestion sportive chaotique

Officiellement relégué après sa défaite 1-0 à Lens vendredi lors de la 33e journée, le FC Nantes évoluera en Ligue 2 la saison prochaine. Ce couperet, auquel le club avait échappé de justesse ces dernières années, est le résultat d'une gestion sportive hasardeuse.

Une saison mal engagée

Dès le départ, la saison s'est mal engagée. Le choix audacieux et prometteur d'engager Luis Castro comme entraîneur, après ses prouesses à Dunkerque en Ligue 2, a tourné au fiasco. Chargé de redonner à l'équipe un style proche du "jeu à la nantaise" en s'appuyant sur les jeunes du cru, il a été plombé par un mercato estival catastrophique sur fond de cure d'austérité radicale. L'absence légendaire de patience des propriétaires envers leurs entraîneurs a fait le reste, et l'expérience a pris fin début décembre après seulement 15 journées.

Les choix contestés de Waldemar Kita

Le président Waldemar Kita a alors nommé Ahmed Kantari, dépourvu d'expérience en Ligue 1 et sans référence solide en Ligue 2. Malgré un mercato hiver consistant, Kantari a fait encore pire avec huit défaites en dix journées. En mars, le club a rappelé Vahid Halilhodzic, attaquant mythique des années 1980, déjà passé sur le banc en 2018-2019. À 73 ans, il est sorti de sa retraite pour un coup de poker raté. La victoire contre Marseille (3-0) n'a offert qu'un répit fugace, mais la présence continue du club dans la zone rouge depuis la 14e journée rendait ce naufrage presque inéluctable.

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Une instabilité chronique

Club historique du football français avec huit titres de champion, le dernier en 2001, Nantes descend pour la troisième fois au XXIe siècle en Ligue 2. Le club était déjà à l'étage inférieur quand Waldemar Kita l'a racheté en 2007. Promu en 2008, il est redescendu l'année suivante et a dû attendre 2013 pour retrouver l'élite. Depuis, Nantes n'a fini que trois fois plus haut que la 12e place et a souvent joué avec le feu : barrage remporté contre Toulouse en 2021, maintien assuré à la dernière journée en 2023 et 2025. Le club a surtout usé 23 entraîneurs en 18 ans de présidence Kita, sans aucune cohérence sportive.

Pour quelques réussites éphémères, comme Sergio Conceiçao (7e en 2016-2017), Claudio Ranieri (9e en 2017-2018) ou la Coupe de France remportée avec Antoine Kombouaré en 2022, que de choix hasardeux et d'erreurs de casting : René Girard, Miguel Cardoso ou Raymond Domenech, pour ne citer que les pires.

Kita, l'incompris ?

Loin d'esquisser la moindre autocritique, le président-propriétaire s'est posé en victime dans une interview à Eurosport fin avril. "J'ai certaines connaissances dans le foot. Mais les gens ne veulent pas le reconnaître parce que je suis président... C'est ça mon grand problème. J'ai l'œil (pour le foot) mais on ne veut pas me donner raison", s'est-il lamenté. "Si j'étais intervenu un peu plus cette saison, je pense qu'on n'en serait pas là", a-t-il même ajouté.

De l'absence de directeur sportif ou d'une vraie cellule de recrutement, ou de la contestation grandissante contre son fils Franck, directeur général du club, il n'est guère question. La grogne a largement dépassé la Brigade Loire, principal groupe de supporters, qui a déploré que "le FC Nantes (soit) devenu un running gag du football français, le symbole d'un club mal géré". Si Waldemar Kita tient le club financièrement à bout de bras depuis des années, il va devoir poser un regard plus lucide sur son action, sinon l'avenir des Jaune et Vert sera bien gris.

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