Michel Cassagne, président du Club taurin Lou Senglié, incarne depuis un demi-siècle la passion de la Camargue à Frontignan. Chaque jeudi à partir du 2 juillet, les arènes municipales s'animent avec les jeux taurins, rendez-vous estival incontournable. Derrière cette tradition, un homme et un club fondé en 1973 avec trois autres aficionados : Edmond Bonomo, Jean-François André et Marc Touchat.
Des vacances à Port-Saint-Louis-du-Rhône à la construction des arènes
Tout commence loin de Frontignan, dans la région de Port-Saint-Louis-du-Rhône, où le jeune Michel passe ses vacances chez un oncle. Le contact avec les taureaux et les chevaux camarguais est un coup de foudre immédiat. De retour dans sa ville natale, il court les courses camarguaises de Pérols, Mauguio et Castries, s'inscrit à l'école taurine de Pérols, s'initie au cheval camarguais au Mas du Petit Travers à Carnon, et devient même gardian amateur au Domaine des Marquises, près d'Arles.
Issu d'une vieille famille frontignanaise implantée depuis 1776, sans lien avec l'élevage de taureaux, il se fixe un objectif : doter sa ville d'arènes dignes de ce nom. Pendant son service militaire, il en dessine les plans. "Je n'avais pas les compétences pour devenir raseteur. Enfant, je rêvais d'avoir une manade, mais pour cela, il faut des terres ou bien en louer. Je n'ai pas eu le courage de prendre ce risque. Je me suis donc rabattu sur le projet de créer un club taurin. Mon rêve était de construire des arènes dans ma ville natale", raconte Michel Cassagne.
La création du Club taurin Lou Senglié et la construction des arènes
De retour du service militaire, il devient kinésithérapeute sans perdre de vue son objectif. En 1973, avec trois amis passionnés, il fonde le Club taurin Lou Senglié, nom choisi en hommage à un taureau légendaire du premier quart du XXe siècle, réputé pour sa vaillance et sa férocité, ayant participé à 56 courses. Dix ans plus tard, en 1983, les arènes en acier galvanisé sortent de terre, en forme d'ellipse, avec un toril pensé pour le confort des bêtes. La municipalité de l'époque avait d'abord rechigné avant d'accepter, à condition que le club rembourse les annuités d'emprunt pendant vingt ans. Marché conclu.
500 toro-piscine et près d'un demi-million de spectateurs
Depuis l'ouverture, le bilan est impressionnant : 500 toro-piscine organisés, près d'un demi-million de spectateurs accueillis. La pratique a conquis les Frontignanais après avoir séduit les touristes. Pourtant, les arènes ont failli être rasées quand l'agglomération sétoise a envisagé de construire sa piscine intercommunale à cet emplacement, sans que la Ville de Frontignan ne conteste. Michel Cassagne a bataillé ferme pour éviter la destruction des arènes et la disparition des traditions camarguaises implantées depuis un demi-siècle.
Des projets pour l'avenir
Plutôt que de s'appesantir sur le passé, Michel Cassagne imagine de nouvelles attractions. Pour l'été, outre le Toro piscine hebdomadaire, il prépare pour le 15 août un grand spectacle équestre avec jeux taurins, musiciens, danseurs et un dîner camarguais, baptisé "La Camargue des quatre saisons". "Je souhaite aussi développer des spectacles dans les arènes hors saison estivale, faire renaître le trophée du muscat en septembre, créer une journée guinguette avec des produits du terroir…", déroule le président. Le club attend aussi avec impatience la réinstallation de la commission extra-municipale des arènes, suspendue sous le premier mandat de Michel Arrouy. Des idées, Michel Cassagne en a à foison, animé comme au premier jour par la défense des traditions camarguaises et locales.



