Retour exceptionnel de la Vénus d'Arles au Musée départemental Arles antique
Retour exceptionnel de la Vénus d'Arles à Arles

La Vénus d'Arles, une statue en marbre blanc de Thassos du 1er siècle, copie d'un original du Grec Praxitèle, est de retour dans sa ville d'origine pour une exposition temporaire au Musée départemental Arles antique. Découverte en 1651 dans les ruines du théâtre romain d'Arles, elle a été offerte à Louis XIV et conservée au Louvre depuis. Le prêt, qualifié d'exceptionnel, inclut également trente-deux autres pièces du musée national.

Une sculpture romaine à l'esthétique grecque

Romy Wyche, directrice du Musée de l'Arles antique, précise : « Ce n'est pas juste une copie romaine, c'est une sculpture romaine qui utilise un langage esthétique grec pour un discours romain. C'est une Vénus, elle n'est plus une Aphrodite. » La statue, plus grande que nature, représente Vénus dans une position de contrapposto, le torse nu et un drapé sur les hanches.

L'exposition « Le Passage de Vénus »

L'exposition, intitulée « Le Passage de Vénus », est commissariée par Romy Wyche, Ludovic Laugier du département des Antiquités grecques du Louvre, et le directeur artistique de la Fondation Van Gogh Arles, Jean de Loisy. Elle explore le mythe de Vénus à travers des œuvres antiques et contemporaines, de Rodin à Warhol, en passant par Man Ray et Niki de Saint Phalle. « Le culte de Vénus est toujours bien vivant », souligne Jean de Loisy.

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Une controverse historique résolue

À sa découverte, la statue sans bras a suscité un débat sur son identité : Diane ou Vénus ? Louis XIV, convaincu qu'il s'agissait d'une Vénus, la fit ajouter à sa galerie des Glaces et commanda au sculpteur François Girardon de lui ajouter des bras avec une pomme et un miroir. Cependant, Romy Wyche note que ces attributs ne correspondaient pas à la Vénus antique : « Ce sont des attributs d'Aphrodite que jamais Vénus n'aurait portés ! »

Un symbole identitaire pour Arles

La Vénus est profondément ancrée dans l'identité arlésienne. « Pour les Romains, Vénus n'est pas simplement l'Aphrodite grecque : elle est Vénus, et très liée aux Énéides de Virgile, explique Romy Wyche. César se prétendait descendant de Vénus, et il a fondé Arles. » La statue pourrait être une Vénus Victrix, tandis qu'un buste conservé au musée serait une Vénus Genitrix. Alphonse Daudet, dans ses Lettres de mon moulin, a popularisé le terme « arlésienne » pour désigner une absente, faisant écho à la statue partie depuis trois siècles.

L'exposition est visible jusqu'au 31 octobre, de 9h30 à 18h, sauf le mardi.

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