Le 27 mai 1986, Jean-Jacques Goldman se produisait à la patinoire Mériadeck de Bordeaux pour deux soirées consécutives. La critique de l'époque, parue dans nos colonnes, décrit l'ambiance électrique de ce concert qui a marqué les esprits.
Un spectacle rodé
Dès l'entrée en scène, la présentation des musiciens déclenche une ovation. Le guitariste Michael Jones, complice du tube « Je te donne », est accueilli par des hurlements dignes de pygmées. Le public, comparé à des fourmis rouges, est conquis par ce rock mâtiné de sucreries enfantines. Goldman, le petit Juif incompris de « Taïn-Phon » et « Sister Jane », a trouvé son public : celui qui, tout juste sorti de l'enfance avec Chantal Goya, n'est pas encore prêt pour Francis Cabrel.
Ce créneau musical, de 7 à 17 ans, Goldman l'a comblé avec des décibels, des synthés et des saxos, le tout porté par un romantisme simple mais non simpliste. Les refrains de « Encore un matin », « Il suffira d'un signe » ou « Je marche seul » sont scandés en chœur par 7 000 spectateurs.
Un show efficace
Goldman possède une voix de fausset, parfois proche des castrats de la chapelle Sixtine, mais sa présence en jean est sympathique et efficace. Accompagné de six musiciens, il délivre une prestation énergique. À 36 ans, il emprunte à Johnny Hallyday ses interrogations démagogiques et certaines attitudes, mais avec plus de tendresse et d'aseptisation, sans le rôle de loubard-cowboy. Les jeunes spectateurs ne s'y trompent pas : « tout ça n'est pas si naze ».
Un phénomène en pleine expansion
Le saxophone, instrument phare du show-business, est largement mis en avant et remporte un vif succès. La patinoire Mériadeck affiche complet, avec 7 000 personnes chaque soir. Deux ans et demi plus tôt, Goldman remplissait la salle des fêtes du Grand-Parc. Un phénomène est né, et la critique conclut : « ce n'est pas si naze ».



