Boris Lojkine, réalisateur du film césarisé « L'Histoire de Souleymane » (2024), est l'un des signataires de la tribune intitulée « Zapper Bolloré », publiée dans Libération le 11 mai 2026. Ce texte a provoqué une vive polémique au Festival de Cannes. Il dénonce le projet de prise de contrôle par Canal+ des salles UGC à l'horizon 2028 et s'inquiète que Vincent Bolloré, propriétaire du groupe, ne mène son « projet civilisationnel, réactionnaire d'extrême droite » à travers les films financés par Canal+, principal financeur du cinéma français.
La réponse de Maxime Saada
Le 18 mai, le patron de Canal+, Maxime Saada, a critiqué la tribune et annoncé que son groupe ne travaillerait plus avec les 600 signataires. Il a cité « L'Histoire de Souleymane » comme preuve que Canal+ « soutient tous les cinémas, toute la diversité ». Boris Lojkine réagit : « Je ne suis pas un cinéaste fâché contre Canal+, je suis un citoyen préoccupé. » Il précise que sa signature n'est pas une attaque personnelle mais une alerte sur les risques pour la diversité culturelle.
Les motivations du réalisateur
Lojkine explique avoir signé par conviction : « Le cinéma français doit rester libre et pluraliste. La concentration des médias entre les mains d'un seul homme est dangereuse. » Il souligne que Canal+ a soutenu son film, mais que cela ne l'empêche pas de s'opposer à la stratégie de Bolloré. « Je ne remets pas en cause le travail des équipes de Canal+, mais le projet politique de son actionnaire. »
Les réactions dans le milieu
La tribune a divisé le monde du cinéma. Certains réalisateurs soutiennent la démarche, d'autres la jugent contre-productive. Le Festival de Cannes, qui reçoit le soutien de Canal+, n'a pas officiellement commenté. Lojkine espère que le débat permettra de préserver l'indépendance du cinéma français.



