Au lendemain de la soirée mémorable de la manche 3 de la finale face à Bourges, conclue par un troisième titre national, le club landais a basculé dans une tout autre émotion pour saluer les joueuses qui ne seront plus là la saison prochaine.
Une ambiance particulière à l’espace Mitterrand
Une rumeur inhabituelle bruisse dans les travées de l’espace Mitterrand de Mont-de-Marsan. Jamais les U18 et les U11 du Stade Montois n’auront eu droit à autant de spectateurs pour observer leurs entraînements respectifs. Mais les garçons ne se leurrent guère : toute cette attention, ce n’est pas vraiment pour eux et leurs exercices. Elle n’est là que pour tromper l’impatience qui émane des groupes de supporters en bleu et blanc qui s’installent. La tête encore vrombissante des hurlements de la veille, les narines encore frémissantes des effluves de réconforts liquides, les yeux encore brillants de tout ce à quoi ils ont eu droit la veille : un véritable combat de cheffes entre Basket Landes et Bourges.
Un doublé historique
Et pour finir, une pluie de confettis dorés pour illuminer une nuit magique. Celle du troisième titre de championnes de France des Landaises, d’un doublé inédit coupe-championnat que seules trois équipes avaient réalisé avant elles : Valenciennes (2001, 2002, 2003, 2004 et 2007), Montpellier (2016) et… Bourges (2006, 2009 et 2018). Voilà donc Basket Landes au panthéon du basket féminin français, dans une histoire finalement bien courte mais appelée à s’écrire encore et encore.
Cela se fera sans l’intégralité de celles qui ont réussi ce tour de force de repousser toutes les barrières au fil d’une saison épique, historique. C’est ainsi, c’est la loi du sport de haut niveau. Mais c’est un peu triste, tout de même. Difficile d’imaginer ce groupe de dix joueuses devenues bien plus que des coéquipières se séparer.
Les adieux de Leïla Lacan
Les larmes de Leïla Lacan, dimanche soir, après le coup de sifflet libératoire, n’ont d’ailleurs trompé personne. Tant d’émotion ne pouvait que signifier plus que toute la pression accumulée enfin relâchée. La MVP de la finale (comme en 2025 contre Tarbes) et MVP de la saison de LFB, venait donc de disputer son tout dernier match avec Basket Landes. La conclusion de deux saisons fastes au cours desquelles sa progression a été ponctuée des plus beaux trophées. Dans quelques jours, elle s’envolera pour le Connecticut pour y disputer une deuxième saison en WNBA et franchir encore un palier dans sa florissante carrière.
La foule massée dans les tribunes ne le sait pas encore lorsque retentit une « Encantada » qui réveille les battements de mains et les frissons, tandis que les enfants forment une longue haie d’honneur pour accueillir leurs championnes. Déjà, l’émotion emplit l’espace. Chacun prend conscience d’avoir vécu une saison comme on en connaît rarement, jalonnée de moments d’anthologie et complétée par la médaille de bronze ramenée par les Espoirs du club de leur Final Four à Charleville-Mézières, ce même week-end.
Une saison qu’Audrey Lacroix, la présidente de Basket Landes, compare élégamment à une pigne de pin, lequel parfois ploie mais continue toujours de grandir. Le « fruit de la patience », qui renferme en ses écailles « ce qui fait nos valeurs et notre identité ». Et qui, quand elle les ouvre, inspire « l’espoir et le renouveau ».
Les départs de Julie Wojta, Louise Bussière et d’autres
Des écailles qui, parfois, s’envolent vers d’autres cieux. Comme Julie Wojta, « l’écaille de la maturité », qui met à 37 ans un terme à sa riche carrière sur un doublé qu’elle n’avait jamais osé imaginer, au terme d’une seule saison qui en vaut sûrement bien plus. Louise Bussière, « l’écaille lumineuse », qui fond en larmes au moment de recevoir son bouquet, notant dans un sourire humide que ces fleurs orange s’accommodent merveilleusement bien avec sa belle chevelure. Après trois saisons dans les Landes, « Loulou » la Périgordine prend la direction de Charnay, réconfortée par Sixtine Macquet, sa copine de chambre, qui, elle, a décidé de prolonger l’aventure en bleu et blanc.
Yohana Ewodo, « l’écaille de la grâce naturelle », clôt elle aussi une histoire de trois ans à Mont-de-Marsan pour une aventure à l’étranger. Sa destination n’a pas encore filtré. Pas plus que celle que va prendre Myriam Djekoundade, « l’écaille de la sagesse déterminée », qui va continuer sa route en France avec toutefois pour optique le basket 3x3 et les Jeux olympiques de Los Angeles.
Et puis il y a « l’écaille du présent et de l’avenir », Leïla Lacan. « Tu laisseras un grand vide et pas seulement sur le terrain : dans l’énergie du groupe et du vestiaire. Tu laisseras une exigence, une trace qui restera », lui assure Audrey Lacroix. L’émotion est alors trop forte pour la jeune femme, qui parvient à glisser dans un souffle : « J’ai trouvé ici exactement ce que j’étais venue chercher, et pas qu’en termes de résultats : vous tous. Je pars avec de bons souvenirs. »
Un nouveau départ pour Basket Landes
Il est alors grand temps pour les supporters de leur dire au revoir, et de dire à bientôt aux restantes ; Camille Droguet, Marie Pardon, Becky Massey, Sixtine Macquet et Murjanatu Musa, le « cœur battant de cette pigne ». « Une fin de saison, ce n’est jamais une fin : cela ouvre de nouveaux défis », avait souligné, un peu plus tôt, Audrey Lacroix. Rendez-vous est déjà pris. Rendez-vous fin septembre. Tout Mitterrand a déjà hâte.



