Le numéro 2 de France Télévisions, en charge de l'information, a vivement critiqué ce lundi la stratégie du groupe Bolloré, accusé de mener une « privatisation rampante » de l'entreprise publique. Dans un entretien accordé à nos confrères de Libération, il dénonce des pratiques qui viseraient à affaiblir le service public audiovisuel au profit d'intérêts privés.
Une stratégie d'affaiblissement
Selon lui, les médias du groupe Bolloré, notamment CNews et Europe 1, mènent une offensive systématique contre France Télévisions. « Ils cherchent à déstabiliser l'entreprise en multipliant les attaques sur sa gestion, ses coûts et son indépendance éditoriale », explique-t-il. Cette stratégie aurait pour objectif de préparer le terrain à une privatisation partielle ou totale de l'entreprise.
Des accusations graves
Le dirigeant pointe du doigt plusieurs actions concrètes : des reportages biaisés, des commentaires désobligeants dans les émissions de CNews, et une pression constante sur les pouvoirs publics. « C'est une guerre d'usure qui vise à discréditer le service public pour mieux le dépecer », affirme-t-il.
Il rappelle que France Télévisions est un pilier de la démocratie, garant d'une information pluraliste et de qualité. « Si on laisse faire, on risque de perdre un bien commun essentiel », alerte-t-il.
Des précédents inquiétants
Le numéro 2 de France Télévisions établit un parallèle avec d'autres pays où des médias privés ont pris le contrôle de l'audiovisuel public, comme en Italie avec Berlusconi ou en Hongrie avec Orbán. « Le modèle Bolloré, c'est une mainmise sur l'information pour servir des intérêts politiques et économiques », dénonce-t-il.
Une riposte nécessaire
Face à cette menace, il appelle à une mobilisation des salariés, des citoyens et des politiques. « Il faut défendre le service public, c'est une question de démocratie », insiste-t-il. Il propose notamment de renforcer l'indépendance de France Télévisions par une loi garantissant son financement et ses missions.
Le groupe Bolloré, de son côté, n'a pas réagi à ces accusations. Mais les tensions entre les deux camps ne cessent de croître, annonçant une bataille décisive pour l'avenir de l'audiovisuel public en France.



