Kenya : laboratoire africain d'un futur sans carbone
Kenya, laboratoire africain d'un futur sans carbone

Au cœur de la vallée du Rift, à perte de vue, des volutes blanches de vapeur à l'odeur d'œuf pourri s'échappent de la terre d'Olkaria. À trois heures de Nairobi, sur des pistes poussiéreuses, au pied d'un volcan et au milieu de zèbres et de girafes en liberté, le Kenya puise une énergie invisible : la chaleur du sous-sol. Avec ses tuyaux qui serpentent au milieu de vastes collines vertes, dans un paysage à couper le souffle, Olkaria, surplombant le lac Naivasha et la ville floricole du même nom, est un des champs de géothermie les plus actifs au monde, exploité depuis plus de quarante ans.

Un mix énergétique exemplaire

Le Kenya affiche un mix énergétique décarboné à 91 %, ce qui en fait un pionnier de la transition énergétique en Afrique. Le pays mise sur le vent, le soleil, l'eau et la géothermie pour produire son électricité. Cette performance est le fruit d'une stratégie volontariste et d'une diplomatie verte offensive, alors que se tient le sommet Afrique-France.

La géothermie, pilier de la transition

La géothermie représente une part importante de la production électrique kényane. Le champ d'Olkaria, exploité depuis les années 1980, produit plusieurs centaines de mégawatts. « Quand je vois ces fumerolles, je sais qu'il y a une source de chaleur en profondeur », explique Anna Mwangi, géophysicienne pour KenGen, l'entreprise publique d'électricité. Sous ses pieds, à plus de deux kilomètres de profondeur sous la croûte terrestre, des sources d'eau surchauffée par l'intensité du sous-sol sont captées pour produire de l'électricité.

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Un modèle pour l'Afrique

Le Kenya montre la voie à suivre pour les autres pays africains. Avec des ressources naturelles abondantes et une volonté politique forte, il démontre qu'un avenir sans carbone est possible sur le continent. Le pays prévoit de porter sa capacité géothermique à plus de 5 000 mégawatts d'ici 2030, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique.

Lors du sommet Afrique-France, le Kenya a présenté ses avancées et appelé à une coopération renforcée pour accélérer la transition énergétique en Afrique. « Nous avons le vent, le soleil, l'eau et la géothermie », a rappelé un responsable kényan, soulignant la richesse du potentiel africain.

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