Dominique, retraité passionné d'histoire et de politique, vit seul dans une grande maison au cœur d'un village agricole du nord de la Bourgogne. Devant sa télévision, il zappe d'une chaîne d'information à l'autre, soucieux de diversifier ses sources pour "ne pas avoir un seul son de cloche". Pourtant, ces dernières années, cet électeur des Républicains admet passer le plus clair de son temps sur CNews. "Je trouve qu'ils apportent un point de vue intéressant, parce qu'ils disent des choses qu'on n'entend nulle part ailleurs", confie-t-il.
Un rééquilibrage médiatique pour la droite
Ce choix reflète un sentiment partagé par une partie de l'électorat de droite, qui voit en CNews un contre-pouvoir face à ce qu'elle perçoit comme une hégémonie culturelle de la gauche dans les médias français. Philippe Bilger, essayiste conservateur et ancien habitué des plateaux de la chaîne de Vincent Bolloré, auteur de L'Heure des crocs (L'Archipel), témoigne : "Combien de fois ai-je entendu des gens me dire 'heureusement que CNews existe !'". Selon lui, la chaîne incarne un "sain rééquilibrage" pour une droite qui n'a cessé de dénoncer le biais médiatique.
Un phénomène d'audience
CNews a vu son audience progresser régulièrement, devenant une référence pour les téléspectateurs en quête d'une ligne éditoriale assumée. La chaîne, propriété du groupe Canal+ (Bolloré), se positionne comme un média d'opinion, attirant un public conservateur et souverainiste. En 2023, elle a enregistré une part d'audience moyenne de 2,3%, selon Médiamétrie, soit une hausse de 0,5 point par rapport à 2022.
Un impact politique
Ce succès médiatique a des répercussions politiques. Plusieurs figures de droite et d'extrême droite, comme Éric Zemmour ou Marion Maréchal, y trouvent une tribune régulière. Pour Dominique, CNews est devenue une fenêtre sur une actualité traitée "sans tabou". "Ils osent parler de sujets que les autres chaînes ignorent ou traitent avec des oeillères", ajoute-t-il. Ce phénomène interroge sur l'évolution du paysage médiatique français et son influence sur le débat public.



