Chroniques
« Intérieur Queer »
Faut-il prendre le risque d’enquêter sur ses grands-parents ?
Par Barbara Krief
Publié le 8 mai 2026 à 17h00 | Lecture : 2 min.
Cette semaine, notre chroniqueuse Barbara Krief a lu pour vous le magnifique récit biographique que l’écrivaine et journaliste Martine Storti consacre à sa grand-mère : « Marcelline. Fragments d’une vie sans récit ». Où celle qui pensait raconter l’histoire d’une femme ordinaire a fini par se plonger dans les archives de la collaboration.
Les archives nationales ont au moins deux fonctions : préserver la mémoire d’un pays et colmater les récits familiaux. « Partie pour tenter de reconstituer la vie de ma grand-mère, une vie d’anonyme, une vie ordinaire, une vie obscure, je ne m’attendais pas à me retrouver confrontée à la Todt, à la collaboration économique, à l’épuration, ni à un grand-père travaillant pour les Allemands », raconte la journaliste et écrivaine Martine Storti dans son livre « Marcelline. Fragments d’une vie sans récit » (Michel De Maule).
Celle qui a couvert les mouvements féministes (dont le MLF) à la fin des années 1970 pour « Libération », part à la rencontre de Marcelline, sa grand-mère maternelle, la culpabilité au ventre de ne pas s’être intéressée à elle de son vivant. De sa vie, enquêtée mais parfois aussi bricolée, l’autrice dévoile les zones d’ombre. L’enquête la mène des archives départementales aux témoignages, révélant une histoire familiale marquée par la guerre et la collaboration économique. Le livre interroge : faut-il prendre le risque d’enquêter sur ses grands-parents ? La réponse, dans ce récit poignant, est un oui courageux, malgré les découvertes douloureuses.
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