À Chicago, Bethany Collins a recopié au stylo à plume les mille pages de Moby Dick de Melville, un travail de quatre mois. Mais son projet est modeste comparé à celui de Kenneth Goldsmith, qui retape à la machine les livres de sa bibliothèque depuis 2002. « J'en suis à environ 800 livres », confie-t-il.
Un projet qui dure depuis 24 ans
Kenneth Goldsmith, contacté par email, raconte : « Tout a commencé en 2002. J'étais entre deux projets et je cherchais quelque chose à faire. J'ai regardé mes étagères et je me suis dit : “Que se passerait-il si je retapais simplement toute ma bibliothèque ?” Près de vingt-cinq ans plus tard, j'en suis à environ 800 livres. » Il précise que le projet a évolué : de « ma » bibliothèque, il est devenu « une » bibliothèque, une idée platonicienne bien plus vaste.
Bethany Collins et Homère
Bethany Collins, elle, a travaillé sur Homère. Après avoir recopié ses œuvres à la main, elle les a effacées. « Les œuvres sont d'abord de... », explique-t-elle, mais l'article est réservé aux abonnés.
Ces artistes, au risque de tendinite, retranscrivent méticuleusement des livres d'Homère, Melville ou Freud, parfois pendant des années. Leur travail interroge le rapport à l'original et à la copie, dans une démarche à la fois artistique et obsessionnelle.



