Morton Feldman, compositeur américain né le 12 janvier 1926 à New York, est mort en 1987 à l'âge de 61 ans. Il aurait eu 100 ans en 2026. Considéré comme un « monstre secret » de la musique contemporaine, Feldman a marqué le XXe siècle par son approche radicale du temps et du silence.
Un parcours atypique
Fils d'immigrés juifs russes, Feldman étudie la composition avec Wallingford Riegger et Stefan Wolpe. Il rencontre John Cage en 1950, ce qui sera déterminant. Ensemble, ils explorent la musique aléatoire et les notations graphiques. Feldman développe un langage unique, fait de sons ténus, de silences prolongés et de durées extrêmes.
Une musique du temps suspendu
Ses œuvres, comme « Rothko Chapel » (1971) ou « For Philip Guston » (1984), sont souvent très longues. Sa pièce la plus célèbre, « String Quartet No. 2 », dure plus de six heures sans pause. Feldman explique : « Je n'aime pas que la musique soit dramatique. Je veux que le temps soit suspendu. »
Un héritage discret mais influent
Malgré une reconnaissance critique, Feldman reste moins connu du grand public que d'autres compositeurs de son époque. Pourtant, son influence est immense sur des artistes comme Brian Eno, le groupe Sonic Youth ou le compositeur finlandais Kaija Saariaho. Selon le critique musical Alex Ross, « Feldman a redéfini la perception du temps en musique ».
En 2026, plusieurs concerts et colloques sont prévus pour célébrer son centenaire, notamment à New York et à Paris. L'occasion de redécouvrir un créateur qui a fait du silence une matière sonore à part entière.



