Immersion au cœur de l'Orchestre de Paris avec le documentaire « Nous l'Orchestre »
« Nous l'Orchestre » : immersion dans l'Orchestre de Paris

Caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l'Orchestre de Paris. Une immersion offerte par le documentaire « Nous l'Orchestre » qui sera projeté mardi 28 avril à Rochefort, en présence de son réalisateur Philippe Béziat. Organisée par l'association des Amis du festival Sœurs jumelles, la séance aura lieu à 18 heures à l'Apollo Ciné 8.

Un documentaire au plus près des musiciens

Le film est une plongée immersive au cœur de la musique en train de se faire, au plus près de l'expérience des musiciens. Le réalisateur Philippe Béziat, connu pour « Indes galantes » (nommé aux César 2022) et « Traviata et nous », a adapté sa méthode au monde de la musique symphonique. Jusqu'ici ses films étaient construits autour d'opéras, avec deux histoires à raconter : celle du livret et celle de la production. Cette fois, il fallait s'aventurer ailleurs, avec le matériau plus abstrait de la symphonie et de la polyphonie orchestrale. « Il a fallu resserrer sur la dramaturgie de la musique elle-même », explique-t-il.

Contrairement au cinéma traditionnel où la musique illustre un discours, ici c'est la musique qui parle en premier. « Beaucoup de gens font du cinéma en adaptant des romans. Moi je fais des films en adaptant des musiques ! »

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Trois ans de préparation

Le projet s'est étalé sur environ trois ans. La première année a été consacrée à l'approche et à la rencontre avec les musiciens pour gagner leur confiance. En 2022, le tournage a suivi huit séries d'orchestre différentes tout au long de la saison. La troisième année a été dédiée au montage et à la post-production. « Il faut beaucoup de patience pour acquérir la confiance indispensable avec les instrumentistes, les régisseurs et toutes les équipes techniques », souligne le réalisateur.

Les musiciens avaient déjà une petite expérience des caméras pendant la pandémie, mais le projet de venir s'asseoir au beau milieu de l'orchestre était inédit. « L'objectif était vraiment de faire partie de l'équipe, de faire partie des meubles », explique Béziat.

La musique jamais interrompue

L'une des choses les plus frappantes dans le film est que la musique n'est jamais interrompue. On voit longuement les réactions silencieuses des musiciens qui s'écoutent jouer. Ce parti pris est assumé : « Dès que la musique prend la parole, on ne l'interrompt plus. Tous les éléments cinématographiques classiques viennent prendre place à l'intérieur du discours musical », précise le réalisateur.

Quant aux visages silencieux des musiciens, Béziat les trouve « très osés et très particuliers ». Il ajoute : « Ce ne sont pas des acteurs, ni des politiciens ou des avocats : ils ont choisi la musique. Les observer écouter la musique qu'ils viennent de créer, c'est leur rendre justice. »

L'orchestre comme une société en miniature

Le film montre l'orchestre comme une société en miniature, avec ses routines, ses relations humaines et ses tensions. « L'orchestre symphonique a parfois une image toute faite. Ma démarche, c'est d'entrer à l'intérieur de l'arène pour démythifier tout ça », explique Béziat. Il ajoute que, paradoxalement, ce n'est pas une organisation routinière : « À chaque nouvelle semaine, c'est une remise à zéro. De nouveaux chefs arrivent et l'orchestre doit s'adapter sans cesse. »

La Philharmonie de Paris, un personnage à part entière

La Philharmonie de Paris, où l'Orchestre a élu domicile, joue presque le rôle d'un personnage dans le documentaire. « Le film est né de là », raconte Béziat. « L'Orchestre de Paris n'avait pas d'auditorium fixe auparavant. L'inauguration de la Philharmonie en 2015 leur a enfin donné une vraie maison. Et quelle maison ! De l'extérieur, c'est une structure incroyable et, de l'intérieur, c'est l'une des trois plus belles acoustiques au monde. »

Pour un orchestre, l'espace est fondamental. « L'acoustique fait la symphonie. C'est l'écrin absolu », insiste le réalisateur.

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Une expérience immersive pour le spectateur

Le film a été conçu pour offrir une sensation de son absolu au spectateur. « Je voulais faire un film immersif à 360 degrés. Le spectateur dans la salle de cinéma doit avoir la sensation d'être placé au centre de l'orchestre, entouré par le son, exactement comme le sont les musiciens », explique Béziat. Le film est mixé pour exploiter pleinement les dispositifs de spatialisation comme le Dolby 5.1 ou Atmos. « On peut physiquement entendre les flûtes devant, les trombones derrière, les violons à gauche et les contrebasses à droite. C'est une œuvre faite pour être vue sur un écran, mais surtout pour être entendue avec nos oreilles grandes ouvertes. L'image est véritablement au service de la musique. »

Les 120 musiciens de l'Orchestre de Paris sont sous la direction du jeune prodige chef d'orchestre et violoncelliste finlandais Klaus Mäkelä, âgé de 30 ans.