Mang'Azur fête ses 20 ans : immersion dans le festival toulonnais de pop culture asiatique
Mang'Azur 20 ans : festival pop culture asiatique à Toulon

Mang'Azur célèbre deux décennies de passion pour la pop culture asiatique à Toulon

Le festival Mang'Azur fête cette année son vingtième anniversaire. Cet événement emblématique de la pop culture asiatique se déroule au Palais Neptune de Toulon, attirant des milliers de passionnés vêtus de leurs plus beaux cosplays jusqu'à ce soir 19 heures. Reportage au cœur de cette célébration unique.

Des fidèles et leurs costumes faits maison

Parmi la foule colorée, Stéphane, quinquagénaire toulonnais, est un habitué depuis la première édition. « J'étais présent à la première édition. Et depuis 20 ans, j'y participe systématiquement. En cosplay, car c'est deux fois plus amusant ! », confie-t-il. Pour cette édition anniversaire, il a choisi d'incarner le Capitaine Albator, un costume qu'il a entièrement confectionné lui-même. « C'est moi qui l'ai confectionné. Pour l'occasion, j'ai même appris à me servir d'une machine. Ça m'a évité de coudre à la main 15 mètres linéaires de galon », précise-t-il avec fierté.

Guillaume, originaire de Solliès-Pont, participe pour la quatrième fois au festival mais c'est sa première expérience en cosplay. Déguisé en Inosuke Hashibira du manga Demon Slayer, il explique : « Le Mang'Azur, c'est vraiment un monde à part. On a l'impression d'être dans une bulle ». Son costume, bien que simple, représente son attachement à l'univers des mangas qu'il a découvert avec Dragon Ball.

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La passion du cosplay et la transmission familiale

Palmyre, jeune femme de Callian, incarne quant à elle Lilith, personnage issu du jeu vidéo Diablo 4. Couturière professionnelle, elle a consacré deux mois de travail non-stop à la réalisation de son costume. « Le costume de Lilith, les prothèses comprises, représente deux mois de travail non-stop. C'est un investissement certes, mais c'est ma passion », témoigne-t-elle. Cette dixième participation au festival démontre son engagement profond pour cet univers.

La transmission de cette passion aux jeunes générations est également palpable. Lola, huit ans, découvre le festival pour la première fois déguisée en Zoey du film d'animation K-pop Demon Hunters. Sa mère Audrey souligne : « Lola a envie de se mettre à la couture pour confectionner ses futurs cosplays. Ses taties sont prêtes à lui apprendre ». Christophe, le père, ajoute : « J'ai grandi avec les mangas Dragon Ball et Ken le survivant, puis One Piece et Sakura. Que ma fille s'intéresse à son tour à cet univers renforce notre complicité ».

Un couple de passionnés aux costumes originaux

Nelly et Jean, couple de quadragénaires venu spécialement d'Aubagne, illustrent la diversité des approches du cosplay. Jean porte un costume de canard qu'il a créé lui-même, une création personnelle qui sort des sentiers battus. « C'est une création personnelle qui n'est pas du tout représentative des cosplays. Je suis fan de peluches et j'avais envie de réaliser un costume à l'effigie d'un canard », avoue-t-il. Malgré cet aspect original, leur passion pour les mangas reste intacte.

Jean explique son attachement : « L'évasion que cela procure. Certains mangas peuvent être parfois violents, mais ils me permettent de m'évader du quotidien. Et puis j'aime bien le fait qu'une multitude de thématiques y sont abordées. Contrairement à l'Occident, tout peut être abordé dans les mangas. Il y a beaucoup moins de tabous ». Nelly abonde en partageant comment Ken le survivant l'a aidée à surmonter le harcèlement scolaire.

La France, terre d'accueil du manga

Florian Vernon et Clément Soulier, animateurs du podcast Bento Pop, analysent cet engouement français pour la pop culture asiatique. Florian Vernon explique : « Les raisons sont multiples. Je pense que l'esthétique que l'on trouve dans les mangas joue un rôle important. Si l'on reste dans la bande dessinée, l'école belge, elle, est davantage tournée vers le côté rigolo ». Il ajoute : « Le prix des mangas est également plutôt attractif : de l'ordre de 7 euros, quand il faut débourser au moins le double pour un album de bande dessinée classique ».

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Clément Soulier rappelle cependant que cette passion n'a pas toujours été un long fleuve tranquille : « Non, à un moment donné, au milieu des années 1990, il y a même eu un mouvement 'anti-manga', presque un sentiment de haine. Cela s'explique notamment par la diffusion de Ken le survivant dans le Club Dorothée ». Mais cette période fut de courte durée, comme le souligne Florian Vernon : « Un épisode de courte durée à l'issue duquel les ventes se sont envolées, au point que la France est aujourd'hui le deuxième marché mondial pour le manga papier, après le Japon bien sûr ».

Symbole de cette passion française : des mangakas français comme Tony Valente, auteur de Radiant, ou Reno Lemaire, créateur de Dreamland, sont aujourd'hui reconnus au Japon. Le festival Mang'Azur, premier événement du genre en région Paca, continue ainsi de rassembler chaque année une communauté grandissante autour de cette culture riche et diversifiée.