Rue de Tunis à Sète : comment Josy et Pascal ont transformé un coupe-gorge en galerie d'art
Rue de Tunis à Sète : la renaissance par l'art et la nature

Depuis plus de dix ans, Josy et Pascal transforment la rue de Tunis à Sète en un véritable écrin de verdure et d'art urbain. Cette artère, autrefois réputée dangereuse, est aujourd'hui un lieu de vie et de partage, grâce à l'engagement de ce couple passionné.

Un projet né de la volonté de changer les choses

Il y a dix ans, la rue de Tunis avait mauvaise réputation. « Tout le monde n'était pas à l'aise de passer par ici », se souviennent les habitants. Josy et Pascal, résidents du numéro 23 depuis les années 2000, ont décidé de redonner vie à cette rue. Anciens membres de la compagnie de théâtre de rue Cacahuète, ils ont parcouru le monde pendant 35 ans avant de poser leurs valises. « Notre appartement est traversant, et nous étions souvent de l'autre côté, au Lieu Noir. Mais quand nous avons arrêté, nous avons voulu nous tourner vers ce côté de la rue », explique Pascal. C'est ainsi qu'ils ont progressivement investi l'espace public, accompagnés par leurs voisins.

Le premier événement de graff

Le premier atelier de graff a été organisé en collaboration avec la petite épicerie du Miam, les Beaux-Arts et l'artiste Pablito Zago, invité par le K-Live. « Ils cherchaient un lieu pour un événement avec des enfants. Nous avons proposé notre rue », racontent Josy et Pascal. Aujourd'hui, il ne reste que quelques traces de cet atelier, mais il a lancé le mouvement. Agnès, une amie et voisine, a ensuite réalisé toute la façade du Petit Lieu, un espace culturel tenu par le couple. Les autorisations de la mairie et l'accord des propriétaires ont permis de poursuivre. « On a commencé un peu à l'arrache, jamais en force, toujours en discutant avec les voisins », précise Pascal.

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Un musée à ciel ouvert

De nombreux artistes sétois, comme Dépose, Naoui, Maye ou Amonalis, ont contribué à embellir les murs. Mais au-delà des graffs, Josy et Pascal ont créé un véritable lieu de rencontre. « Ils ont ce talent d'entraîner les gens dans leurs envies et leurs rêves », confie Agnès. « Avant, il y avait des dealers dans la rue. Nous avons pris notre place tout en essayant de les faire participer à nos événements », rappelle Pascal. Tandis que Pascal s'occupe des fresques, Josy veille à la végétalisation. « On a commencé par planter un arbre de notre voisin devant la porte, car il prenait trop de place chez eux. On l'avait attaché, peur qu'il soit volé », raconte Josy. Peu à peu, tous les habitants ont installé des jardinières et planté dans la rue. « On fait même des activités de jardinage avec les enfants. C'est devenu notre cour et notre jardin », sourit le couple.

Des défis encore présents

Si les œuvres d'art se sont étendues jusqu'à la rue Fondère, où l'on peut admirer la danseuse de Maye, la seconde partie de la rue de Tunis, menant à la rue Euzet, reste plus difficile à animer. « Des anciens nous ont raconté qu'à une époque, les deux parties de la rue ne se rejoignaient pas. Ceux qui vivaient de notre côté n'allaient jamais de l'autre », se souviennent Josy et Pascal. Malgré la présence de nombreux graffs, des bacs à plantes ont été retirés. « C'est grâce aux projets pour les enfants pendant les vacances de Toussaint que nous avons réussi à aller jusque-là. Mais à l'entrée, il y a aussi des SDF qui posent problème à certains habitants. » Néanmoins, l'œuvre de Naoui à l'angle, représentant un bateau pour Tunis, donne le ton de cette rue singulière.

Un avenir prometteur

Aujourd'hui, Josy et Pascal sont comblés par la transformation de leur rue. Ils continuent de mettre en place des projets grâce à l'association de la rue de Tunis, fondée en 2019. Au retour des beaux jours, il n'est pas rare de les voir installés sur des tables et des chaises dans la rue, prêts à raconter les histoires de leur quartier à qui veut les entendre. La rue de Tunis est devenue un exemple de réappropriation de l'espace urbain par les habitants, alliant art, nature et convivialité.

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