La Philharmonie de Paris célèbre la musique des jeux vidéo
La musique des jeux vidéo à la Philharmonie

Même si vous n'avez jamais touché une manette, vous pouvez sans doute fredonner l'air de la musique du premier niveau de Super Mario Bros. Et c'est précisément pour cette raison que le jeu vidéo s'invite à la Philharmonie de Paris. De ce jeudi jusqu'au premier novembre, l'exposition « Video Games & Music » met à l'honneur cette discipline souvent méconnue.

Un monde ouvert sonore

Après une salle d'introduction, l'exposition s'ouvre. L'espace a été conçu comme un monde ouvert de jeu vidéo, avec plusieurs zones plus ou moins thématiques, mais aussi des recoins cachés ou des « easter eggs », ces clins d'œil secrets que l'on découvre en explorant. Une traduction concrète de l'un des messages clés de l'exposition : « La musique de jeu vidéo, elle est vivante, résume Jean Zeid, journaliste et co-commissaire de l'exposition avec la musicologue Fanny Rebillard. C’est une musique interactive qui s’adapte aux joueurs. On ne trouve pas ça au cinéma ou dans les documentaires. »

Des bip-bip aux grands orchestres

Pour une exposition sur la musique, on regrette parfois que les univers sonores se marchent un peu dessus. La version de la sonate au clair de lune de Resident Evil par-dessus les sons de gratte de Guitar Hero, cela fait tache. Mais l'exposition propose aussi de nombreux endroits où se poser avec un casque sur les oreilles... Ou une manette en main. Avec 27 bornes de jeu, la sortie se veut aussi très interactive. Elle retrace l’évolution d’un art longtemps contraint par la technique : « Au début des années 70, ils n’avaient presque rien, ça ne tient même pas sur un millième de smartphone, et ils arrivaient quand même à faire de la musique », rappelle Jean Zeid. Des premières limitations sonores aux envolées orchestrales actuelles, le parcours montre comment ces contraintes ont façonné une identité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une diversité musicale

Aujourd’hui, « il n’y a pas une musique de jeu vidéo, mais des musiques de jeu vidéo », insiste le commissaire. Électro, symphonique, hip-hop ou pop : le médium a essaimé partout. Des artistes comme Daft Punk, Jul ou Orelsan revendiquent cette influence, parfois discrète mais bien réelle. « Les musiciens sont souvent des joueurs. Cette musique les a imprégnés et elle irrigue leur travail. » L'exposition, très complète, rend hommage à ces passerelles, mais aussi aux jeux de rythme ou aux compositeurs de l'industrie vidéoludique. Le préféré de Jean Zeid ? « [Hirokazu] Tanaka, l'autre compositeur de Nintendo avec Koji Kondo qui a fait la musique de Mario. C'est lui qui a fait les musiques les plus connues de la GameBoy, Mario Land et Tetris, et j'aime bien son petit côté outsider. »

Élargir les regards

Au-delà de la nostalgie, « Video Games & Music » cherche surtout à élargir les regards. À défaut de changer les visiteurs en gamers, « j’espère [qu'ils] ressortiront intrigués, qu’ils se diront qu’il y a beaucoup plus dans le jeu vidéo que les caricatures », confie Jean Zeid. Les six mois d’exposition seront rythmés par des concerts et des rencontres. Une manière de prolonger l’expérience, jusqu'à la prochaine partie.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale