The Boroughs : retraite rebelle, la nouvelle série horrifique des Duffer Brothers
The Boroughs : retraite rebelle, la série des Duffer Brothers

« The Boroughs : retraite rebelle » : les créateurs de « Stranger Things » frappent fort

Produite par les Duffer Brothers, la série disponible sur Netflix ce jeudi 21 mai s’avère immersive, touchante, par moments carrément terrifiante, et aborde avec finesse de beaux sujets universels.

Suivant le souhait de sa défunte épouse, Sam Cooper (Alfred Molina), ingénieur à la retraite, emménage aux Boroughs. C’est dans cette ville artificielle à l’écart de tout, entièrement pensée pour les personnes âgées, que le dépose leur fille Claire (Jena Malone). Hanté par le décès de sa femme, Sam doit s’adapter tant bien que mal à sa nouvelle vie.

« Welcome to the Boroughs, where you’ll have the time of your life ! » — Bienvenue aux Boroughs, là où le meilleur reste encore à vivre, selon la traduction de la VF — clament à tour de bras les employés de la petite ville. Un slogan des plus cyniques pour un mouroir amélioré aux portes de l’horreur. En attendant qu’elle se dévoile, les retraités se confrontent et tissent des liens, cherchent quoi faire du reste de leur vie — un questionnement qui s’avère intergénérationnel — et entrent dans une routine a priori des plus banale…

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Des personnages attachants et une ambiance rétro

Les personnages sont loufoques, profonds, et attachants. Avec un vieux grincheux et bourru, un hippie (Clarke Peters), un jeune policier sexy juste ce qu’il faut aux allures d’Han Solo (Carlos Miranda) et une vampiresse envoûtante (Alice Kremelberg) — oui, le fantastique s’invite très vite au menu — la série a un côté feel-good à la « Goonies » (1985). Les touches d’humour se mêlent à l’énigme horrifique, et aux intrigues relationnelles.

L’ambiance est américaine, entre nostalgie des années 1970 et modernité. Dès le pilote, la bande-son diffuse « Golden Years » de David Bowie, et « Thunder Road » de Bruce Springsteen. Les images désertiques, filmées entre Albuquerque et Santa Fe, au Nouveau-Mexique, participent du sentiment de vide qui plane sur le village et ses habitants. La musique ajoute à ce côté Far West. Composée par John Paesano, élève de John Williams, elle rappelle par moments la bande originale d’Indiana Jones.

Action, suspense et... course à la jeunesse

Le rapport avec « Stranger Things » ? Un grand policier bourru, des créatures repoussantes, des jeux de lumières, une colorimétrie qui crie les années 1970-1980, et une journaliste très très secondaire nommée Érica. Pourtant, la série surprend par son originalité : on ne s’ennuie pas, malgré les thèmes abordés parfois pesants.

Les créateurs, eux, rejettent le rapport à la série Netflix événement dans une interview donnée pour IGN : « C’est certainement un hommage. La différence, c’est que ça se passe de nos jours, explique Jeffrey Addiss. Le ton, l’atmosphère, et le sens de l’aventure rappellent le studio Amblin (la société de production de Steven Spielberg). »

Parsemée d’action, mais surtout baignée de suspens, cette série parle de la course à la jeunesse, dont on ne sort pas toujours indemne. Implicitement, « The Boroughs » semble être un plaidoyer contre ces maisons de retraite où l’on abandonne les personnes âgées desquelles on ne peut plus s’occuper. Sans toutefois entrer dans le jugement, car après tout, les vilains ne sont pas toujours ceux qu’on croit…

La note de la rédaction : 4/5

« The Boroughs : retraite rebelle », série américaine d’épouvante (2026), produite par The Duffer Brothers, créée par Jeffrey Addiss et Will Matthews. Avec Alfred Molina, Alfre Woodard, Geena Davis, Jena Malone. À partir de 13 ans, 8 épisodes entre 40 min et 55 min.

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