Steven Soderbergh : la génération Z bouleverse le cinéma
Soderbergh : la génération Z bouleverse le cinéma

Steven Soderbergh, réalisateur américain de renom, s'est récemment exprimé sur les bouleversements que connaît l'industrie cinématographique sous l'influence de la génération Z. Dans un entretien, il a souligné que cette génération, née avec le numérique, modifie profondément les habitudes de consommation et les attentes vis-à-vis du septième art.

Un constat sans appel

Pour Soderbergh, la génération Z ne se contente pas de regarder des films : elle les vit à travers des écrans multiples et des plateformes variées. « Quelque chose a basculé », affirme-t-il, en pointant du doigt la fragmentation de l'attention et la préférence pour des formats courts et immersifs. Les salles obscures, autrefois temple du cinéma, doivent désormais rivaliser avec les smartphones et les services de streaming.

Des habitudes de consommation radicalement différentes

Les jeunes spectateurs privilégient les contenus accessibles à la demande, souvent visionnés en accéléré ou en mode « binge-watching ». « Ils n'ont pas la même patience que nous », explique le cinéaste, qui voit dans cette évolution un défi pour les réalisateurs. La narration linéaire traditionnelle est remise en question au profit d'histoires interactives ou non linéaires, adaptées à une génération habituée à zapper.

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L'adaptation nécessaire de l'industrie

Face à ce constat, Soderbergh appelle à une réflexion sur les formats et les stratégies de diffusion. Il cite l'exemple de séries comme « The Queen's Gambit » ou « Squid Game », qui ont su capter l'attention de la génération Z grâce à des récits haletants et une esthétique soignée. Selon lui, le cinéma doit embrasser ces nouvelles tendances sans renier son essence artistique.

  • Multiplication des plateformes de streaming : Netflix, Amazon Prime, Disney+
  • Augmentation des contenus courts : séries de 30 minutes, films interactifs
  • Utilisation accrue des réseaux sociaux pour la promotion et le partage

Un avenir hybride

Le réalisateur de « Ocean's Eleven » et « Traffic » envisage un avenir où le cinéma et le numérique coexistent. Les salles obscures pourraient se spécialiser dans des expériences uniques (IMAX, 3D, événements) tandis que les foyers deviendraient le lieu principal de consommation. « Il faut accepter que le cinéma n'est plus un produit, mais un service », conclut-il, invitant les professionnels à s'adapter sous peine de disparaître.

Réactions dans le milieu

Les propos de Soderbergh ont suscité des réactions partagées. Certains y voient une vision lucide et nécessaire, d'autres regrettent une approche trop pessimiste. Toujours est-il que la génération Z, avec ses 2,5 milliards d'individus dans le monde, représente un marché colossal que l'industrie ne peut ignorer.

En France, les exploitants de salles observent une baisse de fréquentation chez les 15-25 ans, compensée par une hausse des abonnements aux plateformes. Les festivals, comme Cannes, tentent de s'adapter en intégrant des contenus numériques et en dialoguant avec les jeunes créateurs.

Vers une redéfinition du métier de cinéaste

Soderbergh, qui a lui-même expérimenté le tournage avec un iPhone pour « Unsane » (2018), prône une flexibilité technique et narrative. Pour lui, le cinéma de demain sera celui qui saura capter l'attention d'un public zappeur tout en offrant une expérience émotionnelle forte. « La technologie n'est qu'un outil, le fond reste essentiel », rappelle-t-il.

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