Sur l'île de Ganghwa, en Corée du Sud, surnommée l'île des amoureux, la photojournaliste Agnès Dherbeys a capté les stigmates d'un massacre oublié. En juin 1950, alors que la guerre de Corée éclatait, des dizaines de civils, accusés de sympathies communistes, furent exécutés sommairement par les forces sud-coréennes. Aujourd'hui, l'île porte encore les cicatrices de cette tragédie.
Un travail de mémoire
Agnès Dherbeys, photoreporter française, a sillonné l'île pendant plusieurs semaines. Elle a rencontré des survivants et des familles de victimes, documentant leurs témoignages et les lieux des exécutions. Ses photographies, en noir et blanc, montrent des paysages paisibles où la beauté naturelle contraste avec l'horreur passée. Des plages aux collines verdoyantes, chaque endroit raconte une histoire de violence et de deuil.
Les traces du passé
Sur l'île, des fosses communes non marquées subsistent. Les habitants, longtemps silencieux, commencent à parler. Des monuments commémoratifs ont été érigés, mais la mémoire reste douloureuse. Dherbeys souligne l'importance de ne pas oublier : « La photographie est un outil pour que ces vies ne soient pas effacées. »
Un silence brisé
Le massacre de Ganghwa a été longtemps occulté par l'histoire officielle. Ce n'est que récemment que des enquêtes ont été menées. Le travail de Dherbeys contribue à cette réouverture des plaies. Ses clichés ont été exposés à Séoul et à Paris, suscitant l'émotion et la réflexion.
L'île des amoureux, connue pour ses paysages romantiques, porte désormais un autre nom : celui d'un lieu de mémoire. La photojournaliste espère que ses images aideront à la réconciliation. « Montrer l'horreur pour mieux la comprendre et la dépasser. »



