Le 16 avril, au théâtre de Belleville à Paris, un public restreint de journalistes et d’amis a pu découvrir les premières respirations de Prom_14, le cri sur papier d’un père qui prend vie sous les projecteurs. Ce n’était qu’un aperçu, mais l’essentiel était là : « On a présenté les 35 premières minutes et le final. La salle a ri, la salle a pleuré et la salle a beaucoup appris aussi, je pense », confie l’auteur Thierry Vimal.
L’écrivain niçois a transformé en matière théâtrale son journal de bord à l’acide sulfurique, Ça passe crème, tenu durant le long procès de l’attentat du 14 juillet 2016. Il y a bientôt dix ans, le temps s’est arrêté sur la Promenade lorsqu’il a perdu l’une de ses filles, Amie, sa « señorita » âgée de 12 ans.
Cadre minimaliste et étouffant
Sur scène, l’espace imaginé par le metteur en scène Jonathan Gensburger est serré comme une cabine de camion ou le box d’un accusé. Un cadre minimaliste et étouffant où le comédien Julien Storini porte seul la voix de ce père-écrivain. Avec une justesse désarmante, il décline la tendresse infinie pour cette enfant qui n’est plus, ou bien la colère noire d’un homme qui découvre l’impensable : le foie et le cœur de sa petite fille conservés dans le froid du formol, dans le silence des autorités.
C’est l’une des forces de ce texte désarmant : à chaque instant, l’ironie mordante de Thierry Vimal vient percuter la tragédie de plein fouet.
Les 25 et 26 juin à Nice
Après le galop d’essai parisien, l’auteur a choisi de ramener ses mots là où le ciel s’est un jour déchiré, bouleversant sa vie et celle des proches des 86 autres victimes à jamais, quelques jours seulement avant le dixième anniversaire du drame. Prom_14 se jouera le jeudi 25 et vendredi 26 juin au théâtre de la Semeuse, au cœur de cette ville qui n’a jamais oublié.
Théâtre La Semeuse. 2, montée Auguste Kerl (prolongement rue du Château). 04.93.92.85.08. Réservations : lasemeuse.asso.fr



