L'auteur-compositeur biterrois Joanda, connu pour son engagement occitan, travaille actuellement sur des projets de musique à l'image. Il s'est confié lors d'un café à la Plancha des Halles de Béziers, un lieu qu'il fréquente assidûment. En observant le mur peint du restaurant, il remarque un accent oublié sur le « i » du slogan de l'ASBH, « Aquí es Besiers », preuve de son attention aux détails linguistiques.
Un artiste ancré dans la culture occitane
Joanda a découvert la culture occitane en terminale au lycée Jean-Moulin de Béziers. « J'ai découvert une chose qu'on ne m'avait jamais expliquée à l'école : que j'avais une langue et une culture et qu'on était dans un territoire exceptionnel », raconte-t-il. Depuis, il milite pour que l'histoire régionale soit intégrée aux programmes de l'Éducation nationale et pour une plus grande autonomie des régions. « La France est le pays d'Europe le plus centralisé. Tout gravite autour de Paris, c'est regrettable », déplore-t-il.
Pour lui, cet ancrage n'est pas un repli, mais une ouverture vers l'altérité. « Moi, je ne suis pas né au sud de la France, je suis né au nord de la Méditerranée », affirme-t-il. « Notre centre, c'est l'arc méditerranéen, nous nous baignons dans la même mer, nous avons de nombreuses choses en commun. »
Une musique entre tradition et modernité
Son univers artistique repose sur « le mariage des instruments occitans avec les sonorités actuelles ». Il estime que cela lui permet de toucher un public qui ne connaît pas la langue occitane, qu'il s'agisse d'habitants ou de touristes. Dans son dernier clip, Occitania, il traverse la région en train Lio, écrivant des cartes postales. « On voit, à travers les fenêtres du train, la richesse des paysages éternels : la mer Méditerranée, les rivières, les montagnes, et les monuments comme le Viaduc de Millau », qui est selon lui « plus beau que la Tour Eiffel ».
Joanda donne plus d'une centaine de concerts par an. Récemment, il était en studio à Paris pour enregistrer des musiques pour l'émission « Des racines et des ailes ». Son album actuel s'intitule « 1 000 ans », en référence à l'âge qu'il se donne avec humour : « Je suis né à Béziers, il y a mille ans. J'ai mille ans comme cette culture occitane qui a mille ans de langue, mille ans de culture, mille ans de pays, mille ans de terre, mille ans de pluie, mille ans de vent, mille ans d'arbres. »
Un militant de la slow life
Interrogé sur son prochain album, Joanda répond : « Je suis un militant de la slow life et de la slow food. Mon projet c'est de prendre le temps de déguster mon album précédent et le clip qui vient de sortir. » Il est également coauteur de la chanson emblématique du rugby biterrois, qu'il considère comme « le fer de lance de notre identité locale ».
Ses coups de cœur dans le Biterrois
Joanda partage ses lieux préférés : le plateau des Poètes, « poumon vert du centre-ville de Béziers », avec ses bustes d'auteurs occitans, et la plage. Pour un rendez-vous romantique, il suggère le sommet de la cathédrale Saint-Nazaire ou une promenade sur le pont vieux de nuit. Côté gastronomie, il recommande la Plancha des Halles et la chichoumeille, « de beaux légumes d'ici cuits lentement », qu'il distingue de la ratatouille. Enfin, il cite comme inspiration Robert Lafont, écrivain occitan auteur de Lettre ouverte aux Français d'un Occitan, visible dans son clip.



