Legends sur Netflix : des douaniers britanniques en agents secrets
Legends sur Netflix : des douaniers en agents secrets

Héros malgré eux. Dans les années 90, de simples agents des douanes britanniques acceptent de partir en mission à haut risque pour démanteler le cartel turc qui approvisionne le pays en héroïne. Pour se fondre parmi les criminels, ces agents de l’ombre se façonneront une nouvelle identité, mais aussi une « légende » qui leur servira de couverture. C’est cette histoire – vraie – que la mini-série Legends diffusée par Netflix relate. Non sans un certain bonheur pour le spectateur, comme a pu le constater 20 Minutes.

Une question de sécurité nationale

« Pour être crédible, votre légende doit faire partie de vous ». La consigne est claire pour Guy, Kate, Bailey et Erin, les quatre agents de la nouvelle cellule d’enquêtes diligentée par les services de Margaret Thatcher. Au début des années 90, l’envolée de la consommation d’héroïne au Royaume-Uni est devenue telle que le gouvernement décide d’en tarir la source. Ou d’essayer. Question de sécurité nationale. Pour cela, il est impératif de démanteler dans les plus brefs délais le puissant cartel turc à la tête duquel règne Akam. Ce baron sans pitié a mis sur pied un puissant réseau… du producteur en Afghanistan, au consommateur à Liverpool.

Contre toute attente, les autorités font appel aux services de simples agents des douanes, qui, sur la base du volontariat, vont durant quelques semaines délaisser temporairement leur petit bureau tranquille pour une mission top secret à très haut risque…

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Quatre apprentis 007 exfiltrés

Créé par le scénariste écossais Nile Forsyth (on lui doit The Gold : le casse du siècle, une série Paramount+ sur le braquage de la Brink’s-Mat en 1983), Legends happe dès le premier de ses six épisodes (de 48 à 74 minutes). Une bonne surprise. Mais surtout une vraie claque.

Outre l’intrigue toute en tension qui se révèle, c’est aussi le climat de cette série qui maintient en haleine, dans une Angleterre minée par la crise économique. À l’écran, tout est dépouillé, âpre, sec, sans la moindre fioriture. Ambiance Ken Loach de rigueur. Et c’est dans ce décor presque plombant que vont officier nos quatre apprentis 007 exfiltrés des douanes pour être parachutés au cœur d’un théâtre de guerre.

Parmi eux, une vraie tête brûlée au service de sa majesté. Son nom est Stanton, Guy Stanton. Campé par l’acteur Tom Burke, Stanton est sinon l’agent le plus zélé des quatre, du moins celui qui se fondera le mieux dans sa « légende ». Un vrai schizophrène. Bon père de famille et employé modèle au quotidien, le voici métamorphosé en importateur de drogue, prêt à prendre tous les risques, dont celui de se faire sauter le caisson.

Dans la vraie vie, le personnage dont s’inspire Stanton aurait ainsi mené des missions d’infiltration durant 11 ans sur ses 35 ans de carrière passés aux douanes britanniques... Il y a aussi Kate (Hayley Squires, qui s’était distinguée dans le film Moi, Daniel Blake en 2016). Dans Legends, Kate est également une petite employée sans relief qui, du jour au lendemain, va se transformer en agent intrépide sans scrupule. À leurs côtés, Bailey (Aml Ameen) et Erin (Jasmine Blackborow), le premier incarnant le débrouillard de service ; la seconde, la fouineuse capable de trouver une aiguille dans une botte de foin.

« Ces choses-là font monter l’adrénaline, c’est dur de redescendre », lâche dans un épisode Don, le très flegmatique chef du quatuor (Steve Coogan). On confirme l'addiction. Façonnant ses apprentis héros d’un trait ciselé, aiguisant son suspens jusqu’à la dernière minute, oscillant sans cesse entre polar et série d’espionnage, Legends tire tout son sel du scénario d’un sniper de l’écriture. On rêverait presque d'une suite, ou d'un spin-off centré sur tel ou tel personnage. En attendant, la porte du bureau anglais des Legends est ouverte !

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