Le Kunstenfestivaldesarts, rendez-vous incontournable des arts de la scène à Bruxelles, a accueilli cette année une œuvre qui ne laisse personne indifférent. Historia do Olho, création du collectif brésilien Teatro da Vertigem, propose une expérience théâtrale radicale, brisant les codes traditionnels de la représentation.
Une immersion sensorielle totale
Dès l'entrée dans la salle, le spectateur est plongé dans un univers où les frontières entre réalité et fiction s'estompent. Le metteur en scène Antonio Araújo utilise des dispositifs scéniques innovants : jeux de lumières aveuglants, sons assourdissants, et une proximité dérangeante avec les acteurs. Le public est invité à déambuler dans un espace labyrinthique, où chaque recoin recèle une scène différente.
Un texte inspiré de Georges Bataille
Le titre fait référence à Histoire de l'œil, le célèbre roman érotique de Georges Bataille. La pièce explore les thèmes de la transgression, du désir et de la mort, mais avec une dimension politique forte. Le Brésil contemporain, marqué par les violences sociales et les inégalités, est au cœur de la narration. Les corps des acteurs, souvent nus ou déformés par des prothèses, deviennent des outils de protestation contre la censure et l'oppression.
Une réception mitigée mais passionnée
Les critiques sont partagées : certains saluent une œuvre d'une puissance rare, d'autres dénoncent une provocation gratuite. Mais tous s'accordent sur l'impact émotionnel du spectacle. « On en ressort lessivé, mais aussi électrisé », confie un spectateur. Le Kunstenfestivaldesarts, connu pour sa programmation audacieuse, confirme ici sa volonté de repousser les limites du théâtre.
Cette production s'inscrit dans une nouvelle vague du théâtre brésilien, qui utilise la scène pour dénoncer les dérives du gouvernement actuel. Historia do Olho est plus qu'un spectacle : c'est un manifeste artistique et politique. À voir absolument pour ceux qui cherchent à être bousculés dans leurs certitudes.



