Eye Haïdara est à l'affiche d'un film d'espionnage qui s'intéresse davantage aux rouages de ce monde qu'à l'action. Avec « Mata », Rachel Lang livre un thriller d'espionnage particulier dont le genre est davantage un prétexte pour développer une lutte intérieure. En l'occurrence, celle d'une femme « mise au placard » dans les bureaux, qui s'acharne à vouloir retourner sur le terrain, en zone dangereuse, sans jamais y parvenir. Elle agit donc en sous-marin depuis Paris et se raccroche à ce qu'elle peut pour sauver son partenaire enlevé au Niger. Exit donc la partie action. L'envie est de rentrer dans la psyché de son héroïne, une femme de poigne, résiliente, empêchée, meurtrie, interprétée avec conviction par Eye Haïdara.
L'envers du décor
Il s'agit également de dépeindre l'envers du décor, les rouages administratifs du monde de l'espionnage, quitte à ce que cette vie soit parfois – y compris pour le spectateur – pesante. Quelques filatures, des relations ambiguës et autres rebondissements ponctuent cette proposition qui a le mérite d'interroger constamment la notion de vérité. « Mata », de Rachel Lang. Avec Eye Haïdara, Joséphine Japy, Raphaël Personnaz. Durée : 1 h 38. En salle ce mercredi 27 mai.


