Diffusé sur France TV depuis le 1er juillet 2026, « Coupable ? » est le nouveau thriller du scénariste, réalisateur et producteur cannois Guy Roméo Amougou. Entièrement tourné à Cannes, ce moyen-métrage d’une cinquantaine de minutes décortique la fabrique du coupable idéal à travers la chute d’un homme de pouvoir. Avant-goût d’un projet de série télévisée en trois saisons, le film s’est aussi distingué par un tournage ouvert à la jeune relève étudiante régionale. Rencontre avec un réalisateur engagé, qui se confie sur ses inspirations et son désir de transmission.
La fabrique du coupable idéal
Interrogé sur ce qui le fascine dans cette thématique, Guy Roméo Amougou explique : « Nous vivons dans une société où les apparences priment plus que la vérité et où le besoin de désigner un coupable se fait de plus en plus ressentir. Dans une telle société, il est normal d’interroger ce moment où la stabilité d’un système devient plus importante que la totalité des faits. » Il s’est notamment inspiré de l’affaire Omar Raddad, ce jardinier marocain accusé du meurtre d’une dame dans sa belle villa à Mougins en 1991. « Il était bien innocent mais correspondait malheureusement au coupable idéal », précise-t-il. Le film ne pointe pas du doigt les erreurs judiciaires, mais interroge sur ce qui rend un individu progressivement coupable, du moins crédible comme coupable, aux yeux des autres.
Cannes, un personnage à part entière
Le film a été entièrement tourné à Cannes. Pour le réalisateur, Cannes n’est pas un simple décor : « C’est le septième personnage principal du projet. C’est une voix narrative à part entière. Parce qu’au-delà des villas suspendues au-dessus de la mer, des bureaux feutrés, etc., tout repose sur des silences et des “on-dit”. »
Transmission aux jeunes talents
Guy Roméo Amougou a intégré six étudiants en BTS de l’Institut supérieur audiovisuel d’Aix-en-Provence au tournage. « Je dis souvent : “Un vieux qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui s’éteint”. La transmission pour moi, c’est fondamental. Personnellement, je n’ai pas eu cette chance quand j’avais leur âge, donc le fait de les intégrer dans l’équipe, ça me permet de voir ce que j’aurais aimé qu’on m’apprenne. » Il ajoute : « On sait aussi que le cinéma, c’est un cercle très fermé. Moi, je suis habitué à casser les portes. Si je peux intégrer des jeunes, je les intègre. Ils sont très motivés, ils sont à 2000 %, et ils partagent aussi, c’est réciproque. Les jeunes qu’on forme aujourd’hui feront le cinéma de demain. »
Un projet de série en trois saisons
Ce moyen-métrage sert de pilote pour un projet de série télévisée en trois saisons. Le réalisateur espère ainsi séduire les plateformes de streaming, comme Netflix, pour développer son univers. Le tournage ouvert aux étudiants témoigne de sa volonté de former la relève tout en produisant une œuvre exigeante sur les mécanismes sociaux de la culpabilité.



